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La désertification dans tous ses états

Les coûts économiques de la désertification

L'évaluation des coûts économiques  |  Des délais de retour sur investissement trop longs   |  Faut-il investir en zone aride ?

Des délais de retour sur investissement trop longs

Les investissements de projets engagés dans la lutte contre la désertification (LCD) concernent des opérations de réhabilitation des terres. La rentabilité de ces investissements est calculée grâce au taux de retour économique (TRE). Les analyses des taux de retour économique engagés dans la lutte contre la désertification sont actuellement insuffisantes en nombre. Toutefois, les quelques TRE existants d’opérations de réhabilitation de terres sont positifs et encourageants bien qu’ils soient sous-évalués car ils se limitent aux seuls gains de production agricole. Les études existantes montrent que la rentabilité des projets est tributaire de critères sociaux et institutionnels : adéquation des projets à une demande sociale, décentralisation participative de la gestion des ressources naturelles, responsabilisation des producteurs, accès aux opportunités de marché…
Les TRE ne donnent pas d’informations sur l’après projet et devraient inclure les bénéfices sociaux dans leur calcul (baisse des conflits locaux sur les ressources) et d’autres bénéfices régionaux ou globaux comme la stabilisation des populations, le maintien de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique. Ils placeraient alors la désertification dans une perspective mondiale.
Les études existantes montrent que les investissements dans la lutte contre la désertification produisent des effets bénéfiques sur les sociétés et l’environnement. Pourtant, les populations rurales ne les réalisent pas spontanément. En effet, le délai de retour sur les investissements de lutte contre la désertification est trop long compte tenu de l’étroitesse des marges de manoeuvre financières des producteurs locaux et de l’incertitude foncière dans ces régions. Il faut plusieurs années aux producteurs pour récupérer les investissements de techniques de conservation des eaux et des sols (zaï, digues…) pour réhabiliter ou entretenir leurs terres : de 4 à 5 années en moyenne et une fourchette élargie de 2 à 8 ans. Ces délais sont un frein à la mise en place de ces techniques de lutte contre la désertification. La question du seul investissement dans la récupération et dans l’entretien des terres comme moteur du développement rural est alors posé. Ne faut-il pas aussi, pour lutter contre la désertification, promouvoir des petites industries de valorisation des produits des régions sèches, l’écotourisme ou des activités de services ?

 

Plantation d'oliviers au Maroc
Champ de zaï au Burkina Faso
Lac collinaire d'Arara en Tunisie