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La désertification dans tous ses états

La désertification, un problème de développement

Les ressources naturelles  |  Les activités humaines  |  Le fonctionnement des systèmes sociaux  |  Un exemple : la Jeffara tunisienne

Un exemple : la Jeffara tunisienne

La région pré-saharienne de la Jeffara  |  Des hommes dans un environnement contraignant  |  Un dynamisme démographique et économique  |  L'agriculture : entre permanences et bouleversements  |  Pour une meilleure action de lutte  |  Pour un développement touristique durable

La région pré-saharienne de la Jeffara

Cette région situé dans le Sud-Est tunisien présente des caractéristiques d’aridité qui la rendent particulièrement sensible aux processus de désertification. Elle est le théâtre de profondes mutations, à la fois écologiques et socio-économiques, qui constituent un enjeu majeur pour la préservation de l’intégrité des milieux et le développement des populations qui l’habitent.
Les sociétés locales ont de tout temps su s’adapter à cet environnement contraignant en développant des pratiques originales d’usages des ressources naturelles et en adoptant des stratégies familiales diversifiées.
Des chercheurs de l’IRD et de l’IRA (Institut des Régions Arides) ont étudié pendant quatre ans la coévolution entre sociétés rurales et milieux contraignants. Ils se sont attachés à dégager des éléments d’évaluation de la situation, à identifier des seuils de rupture éventuels et à envisager des trajectoires futures. Représentative, la zone d’étude retenue reflète bien les interactions sociétés-environnement dans les régions arides au nord du Sahara.
Suite à cette étude, la région de la Jeffara est devenue un des sites pilotes tunisiens du Réseau des Observatoires de Suivi des Ecosystèmes à Long Terme (ROSELT) promus par l’Observatoire du Sahel et du Sahara (OSS) et dans lequel est impliqué l’IRD. Ces travaux de recherche ont abouti à  la publication d’un ouvrage intitulé Entre désertification et développement, la Jeffara tunisienne.
En voici quelques éléments.
Cette zone d’étude totalise une superficie d’environ 120 000 hectares. Elle est très diversifiée et plusieurs types de paysages s’y étagent. Son climat, aride à saharien, se caractérise par une pluviométrie annuelle faible (entre 100 et 200 mm), irrégulière et sporadique, et par un bilan hydrique déficitaire pour tous les mois de l’année. Les ressources en eau, relativement limitées et en majorité non renouvelables, se présentent sous deux formes : d’une part, les eaux superficielles de pluie et de ruissellement captées par des ouvrages traditionnels à des fins agricoles (cultures en jessour) ou par des aménagements modernes de conservation des eaux et des sols servant parfois à la recharge des nappes et, d’autre part, les eaux souterraines (nappes phréatiques et profondes), dont l’exploitation et les usages sont soumis à des concurrences entre différents secteurs de l’économie régionale (eau potable, tourisme, agriculture, industrie).
La dynamique de l’habitat et les champs d’oliviers, qui tendent à envahir l’espace, coupent cette sensation de zone pré-désertique. Dans les zones de montagne, des aménagements en jessour, remontent à une époque ancienne et indiquent la permanence et l’ingéniosité des populations humaines locales pour se développer dans ces zones à fortes contraintes.
Toutefois, des scientifiques ont, dès le début des années 1960, alerté de phénomènes de désertification intense, rapide et généralisée dans tout le sud tunisien et des signes évidents (mouvements de sable par exemple) confortent cette assertion.

carte de la région de la Jeffara
La région de la Jeffara (7)
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