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De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

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Le cycle de l'eau au Niger

Une histoire géologique simple  |  Une succession d'épisodes secs et humides  |  Une multitude de petits bassins versants  |  Mesurer la pluie  |  Mesurer les écoulements de surface  |  Mesurer la nappe phréatique  |  Quand le niveau de la nappe monte

Quand le niveau de la nappe monte

La nappe phréatique reçoit chaque année un apport depuis la surface. Cependant, dans la plus grande partie du paysage, l'eau qui s'infiltre dans le sol repartira en évaporation ou sera absorbée par les plantes. Comme dans toutes les zones semi-arides, l'eau ne pourra parvenir jusqu'à la nappe que si elle s'est accumulée en masse importante à la surface ; ceci ne se produit que dans les lits des rivières temporaires ou dans les mares.
On n'observe une variation saisonnière du niveau de la nappe qu'à proximité de ces zones privilégiées. Selon les lieux et les années, cette fluctuation annuelle varie de quelques cm à plusieurs mètres.
Depuis plusieurs dizaines d'années, le niveau de la nappe monte. Il est même actuellement le plus haut jamais mesuré (en moyenne 3 m de plus en 40 ans). La quantité d'eau infiltrée annuellement est donc beaucoup plus forte aujourd'hui. Nos calculs nous indiquent que l'infiltration actuelle est environ 10 fois plus forte qu'en 1950 ou 1960. Ce phénomène s'explique par le changement de végétation : depuis plusieurs décennies, les paysans colonisent de nouvelles terres et y suppriment la végétation naturelle pour y cultiver du mil. Ceci provoque une augmentation du ruissellement de l'eau à la surface du sol, puis son accumulation dans les mares, et donc son infiltration vers la nappe. Un tel processus doit exister dans beaucoup d'autres régions semi-arides mais c'est une des premières fois qu'on le décrit aussi précisément.
L'eau de la nappe est généralement très peu minéralisée et naturellement potable. Les ions dominants sont le bicarbonate et le nitrate, le calcium et le sodium ; les autres ions sont beaucoup moins présents. Cependant, de nombreux puits sont peu ou pas du tout protégés contre les chutes de poussières, débris ou animaux les plus divers et l'eau peut y être contaminée. Dans ce cas, la pollution ne concerne que l'eau du puits.
Dans un petit nombre de cas (toujours des puits à proximité de zones d'infiltration), la nappe connaît une variation saisonnière spectaculaire de sa minéralisation : elle peut parfois être multipliée par 5 ou 10. Ce mouvement se produit de manière synchrone avec une variation du niveau de la nappe. On peut alors observer des teneurs en nitrate très fortes, dépassant le seuil de potabilité comme dans certaines régions d'Europe où l'on pratique une agriculture intensive alors qu'au Niger on n'utilise aucun engrais artificiel. Les recherches se poursuivent afin de mieux comprendre ce phénomène.

Globules rouges infectés par Plasmodium falciparum.