Les écosystèmes estuariens

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Ecologie des peuplements de poissons

L'importante variabilité intrinsèque et la productivité élevée des écosystèmes estuariens font que la définition des indicateurs écosystémiques de l'état de ces écosystèmes et en particulier de leurs peuplements est délicate et très spécifique. En termes d'écologie, les caractéristiques les plus importantes des peuplements sont la présence majoritaire d'espèces ubiquistes et/ou opportunistes, une forte proportion d'espèces migrantes (liée au caractère « ouvert » des milieux estuariens sur le domaine marin d’une part, continental de l’autre), une abondance particulièrement élevée des phases juvéniles, notamment pour les espèces migrantes.
Les résultats déjà obtenus ont montré que l’approche globale des écosystèmes doit pour les estuaires être complétée par une approche plus fine dans la mesure où les perturbations n’affectent pas de manière significative (ou pas toujours) la totalité d’un système. Certains indicateurs (comme la richesse spécifique), considérés à l’échelle de l’écosystème, peuvent masquer ou atténuer les conséquences locales d’une perturbation (par exemple l’augmentation de salinité n’a de conséquence importante sur la richesse spécifique et la structure des peuplements qu’au-delà d’une valeur seuil de 60/70 psu – unité de salinité).
 
Deux types d’indicateurs bio-écologiques sont explorés :
 
- Les indicateurs classiques: indices de diversité, structure du réseau trophique, taille de première maturité, taille maximale observée, abondance de certaines espèces, distribution des tailles et des âges, proportion d’individus malades ou difformes….
- Ceux spécifiques aux estuaires : nombre et proportion d’espèces utilisant le milieu comme nursery, comme site de reproduction, indice de recrutement, prise en compte des écophases,  importance des différentes catégories écologiques (nombre d’espèces, nombre ou biomasse des espèces par catégorie), proportion de prédateurs, proportion d’omnivores, de consommateurs primaires, nombre et proportion d’espèces «tolérantes ou résistantes» par rapport aux espèces « sensibles », dominance de certaines espèces ou groupes choisis pour leur forte adaptabilité et leur aptitude à se maintenir et à proliférer dans les milieux « stressés » (certains Cichlidae, Gerreidae, Clupeidae).

Cette recherche s'appuiera sur les données recueillies et les connaissances acquises sur les milieux estuariens d’Afrique de l’Ouest au cours des travaux récents menés par l’IRD et ses partenaires ainsi que sur les données  historiques des 25 dernières années incluses dans les deux bases de données de l’UR RAP : PECHEXP et PECHART.

consommation de poissons
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