Les écosystèmes estuariens

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L'intérêt des Aires Marines Protégées

Dans le cadre d’une gestion intégrée des zones côtières, les Aires Marines Protégées, initialement outils de conservation de la biodiversité, peuvent contribuer à la gestion écosystémique des pêches. Selon leur localisation, elles peuvent être destinées à préserver des aires de reproduction et/ou de croissance des écophases juvéniles, et ainsi, améliorer la qualité du recrutement des espèces exploitées à l'extérieur de la zone. L’efficacité des AMP à des fins halieutiques reste cependant à démontrer. La recherche menée cherchera 1) à définir et étalonner des indicateurs biologiques, écologiques, économiques et sociaux, 2) à développer des outils multi-critères (tableau d’indicateurs) de caractérisation et de gestion de ces écosystèmes, 3) à tester l’efficacité des AMP en analysant l’évolution des peuplements à l’intérieur et à l’extérieur des zones protégées, en évaluant les activités économiques et les bénéfices induits, 4) à définir les mécanismes décisionnels qui conditionnent la définition, les objectifs et le fonctionnement des AMP. 
Les analyses seront réalisées dans un premier temps à l’échelle de chaque AMP puis un travail de modélisation écosystémique, trophodynamique, bio-économique et multi-agents permettra d’élaborer des outils de caractérisation et d’évaluation rapide de “la condition" des écosystèmes.
La notion de gestion régionale devra être prise en compte avec en parallèle celle de réseau d’AMP, Une attention particulière sera portée aux niveaux d’interactions entre les processus biologiques, économiques et sociaux.
Les chantiers principaux restent, dans un premier temps, situés en Afrique de l’Ouest afin de valoriser de manière optimale les connaissances acquises sur ces milieux au cours des années. L’intérêt porté actuellement aux Aires Marines Protégées (AMP) (écosystèmes ou biotopes en voie de restauration mais à différents niveaux d’évolution) offre la possibilité de disposer de zones d’étude et de référence quasi-idéales. Les zones identifiées appartiennent, pour la plupart d’entre elles, aux pays de la Commission Sous Régionale des Pêches réunissant 7 pays : Mauritanie, Sénégal, Cap Vert, Gambie, Guinée Bissau, Sierre Leone et Guinée. Ces pays soutiennent actuellement un Programme Régional de Conservation Marine dont le but est de promouvoir un développement durable des zones côtières et marines basé sur un environnement sain et productif. Ce programme prend appui sur l’existence d’aires marines protégées. L’IRD est déjà engagé dans cette voie par la prise en charge du suivi bio-écologique d’une AMP en zone de mangrove dans l’estuaire du Sine Saloum. Il va également mener des opérations ponctuelles d’observation dans l’estuaire de la Casamance (estuaire inverse comme le Sine Saloum,), dans le rio Cacheu et le rio Buba en Guinée Bissau où la pêche est limitée aux seuls pêcheurs autochtones, dans le banc d’Arguin et la baie du Lévrier en Mauritanie où une partie du parc est interdite à la pêche. Les réseaux trophiques seront également étudiés dans ces différents milieux.
Enfin, dans une dernière étape, le test des indicateurs sera élargi à des écosystèmes (lagunes méditerranéennes, brésiliennes ou mexicaines) où la composition spécifique des peuplements est différente de celle observée en Afrique de l’Ouest. Des collaborations avec des laboratoires partenaires de France, du Brésil et du Mexique devraient permettre une analyse comparative des méthodes, des indicateurs sélectionnés et des échelles de référence.

consommation de poissons
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