Les systèmes d'information sur les pêches tropicales

• Les systèmes d'observation directe par moyens scientifiques propres

• Les systèmes statistiques :
Traitement de données sur les pêches artisanales
Traitement de données sur les pêches industrielles
Le cas particulier des pêches industrielles hauturières

• Les observatoires et les centres d'information.

Systèmes statistiques : les systèmes de collecte, de gestion et traitement de données sur les pêches artisanales

Dans les pays du Sud, ces systèmes ont généralement été mis en place au cours des années 70 à 80, pays par pays. Ils sont classiquement basés sur trois composantes de collecte de données, dont deux font généralement appel à des enquêtes par échantillonnage :
- Un recensement périodique du parc, tous les mois à tous les deux ans, qui permet d’obtenir le nombre « d’unités de pêche » en état d’être actives (par exemple par enquête de recensement). Ces unités sont généralement définies par les embarcations, parmi lesquelles on distinguera des « types » (grandes pirogues, petites pirogues, etc.) et des engins de pêches ou plus rarement par les ménages de pêcheurs eux-mêmes.
- Une enquête qui évalue, pour chaque mois, la quantité d’activité moyenne pour les différents types d’unités de pêche. Cette quantité d’activité peut par exemple être exprimée par le nombre de jours de pêche dans le mois. L’enquête se fait généralement par échantillonnage (auprès d’un échantillon de capitaines ou de propriétaires de pirogues, pas forcément sur tous les sites).
- Une enquête qui évalue la capture débarquée par unité d’activité. Cette enquête se fait par échantillonnage auprès des pirogues en cours de débarquement sur les plages : on recueille les chiffres de captures (poids, par espèces) et aussi la durée de la sortie de pêche, en jours.

Les données statistiques issues de la combinaison de ces trois modes de collecte permettent, par multiplication, d’estimer la capture totale débarquée, pour un mois donné, pour une ou plusieurs espèces de poisson, pour chaque type d’unité de pêche.
L’approche statistique est bien adaptée à la pêche artisanale dans la mesure où elle n’exige pas l’embarquement des enquêteurs sur les pirogues, ce qui serait inacceptable à différents points de vue (danger pour les enquêteurs, gêne au travail de l’équipage), et où elle n’exige pas non plus de remplissage d’un carnet de pêche par le capitaine, ce qui serait là aussi difficile à réaliser dans la plupart des cas (fréquence de l’illettrisme…).
Par ailleurs, le fait de ne pas réaliser d’enquêtes embarquées n’entraîne guère de pertes d’informations sur les captures sensu stricto (poissons sortis de l’eau) dans la mesure où les rejets de poissons sont, en pêche artisanale, faibles ou nuls. Cependant, il demeure un problème qui est mal résolu par ce type de suivi : c’est celui de l’obtention d’une information précise sur la localisation des zones de pêches.
Jusqu’à aujourd’hui, les systèmes de suivi des pêches artisanales demeurent organisés à l’initiative et sous la responsabilité de chaque pays. Ils constituent d’ailleurs souvent une composante importante de l’activité des centres de recherche halieutiques nationaux. Cependant, la plupart de ces systèmes de suivi font face à des difficultés importantes sur le long terme – en particulier des difficultés à faire évoluer le modèle d’enquête, à maintenir les bases de données et les processus de traitement, à conserver les ressources humaines les plus qualifiées.

consommation de poissons
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