Les écosystèmes tropicaux de haute mer

Les thons : des espèces présentes dans tous les océans  |  Un chantier majeur, l'Océan Indien  |  Les dispositifs de concentration de poissons
L'occupation de l'habitat par les grands pélagiques  |  Les interactions entre la ressource et les pêcheurs  |  Les effets conjoints de la pêche et du climat
 L'intégration des connaissances au moyen de modèles écosystémiques

Les interactions entre la ressource et les pêcheurs

L’état de santé des stocks exploités passe par des indicateurs tirés des statistiques de prises et d’effort des flottilles. Les rendements (ou PUE, prises par unité d’effort) sont ainsi reliés à l’abondance réelle de la ressource par un rapport de proportionnalité (appelé « capturabilité »). Dans les pêcheries thonières, la capturabilité est un facteur variable dans le temps et dans l’espace : elle dépend, d’une part du comportement sensu lato de la ressource face à son environnement (ce qui est abordé dans le volet concernant l’habitat) et d’autre part, du comportement des pêcheurs (évolution des puissances de pêche, mise en place de tactiques et de stratégies de pêches appropriées).
Les différents aspects reliés au comportement des pêcheurs sont partie intégrante de l’effort effectif des pêcheries, paramètre clé utilisé pour calculer les PUE (rapport des prises sur l’effort). Le problème de la quantification de l’effort de pêche des senneurs, et tout particulièrement lors de pêches sous DCP, est un problème majeur et récurrent dans l’évaluation des stocks de thonidés. La recherche du déterminisme du mouvement des navires (stratégies de pêche) est incontournable pour appréhender la dynamique spatiale de l‘effort de pêche à méso-echelle (~100 km) et entre les grands secteurs de l’océan. Les outils d’analyse peuvent faire appel aux méthodes statistiques classiques et aux méthodes de simulation.
Cette approche est employée sur les deux engins majeurs exploitant les thons à l’échelle de l’océan, la senne et la palangre. La chute brutale des PUE palangrières  en début d’exploitation est un phénomène bien connu dans tous les océans qui ne reflète pas une diminution concommitante de l’abondance de la ressource. De même, la stabilité dans le temps des PUE d’espèces cibles comme le thon obèse ou le thon jaune, pour des pêcheries dynamiques et soumises à de fortes variations de l’environnement pose de sérieux problèmes d’interprétation. Le calcul même de l’effort de pêche, qui ne prend en considération ni la distribution verticale des hameçons en regard de l’habitat potentiel, ni la densité d’hameçons dans le volume exploité, semble être en partie à l’origine de ce biais. Des simulations permettent d’explorer les causes de ce biais et pourront conduire à de nouvelles propositions de la mesure de l’effort de pêche pour les pêcheries palangrières.
Comprendre et anticiper la réaction des pêcheurs par rapport à une mesure de régulation est un enjeu majeur dans le cadre d’une gestion responsable. La méconnaissance des stratégies de pêche des flottilles ne permet pas de prévoir la redistribution de l’effort de pêche en cas de mesures de régulation. Il est donc difficile de connaître l’applicabilité d’une mesure de gestion sans prendre en considération l’adaptabilité des pêcheurs vis-à-vis de cette régulation. Il s’agit donc, tout en tenant compte de la variabilité de la ressource et de l’environnement, d’anticiper le comportement des pêcheurs face aux mesures de réglementation. L’approche préconisée repose sur des méthodes de simulation couplant dynamique de la ressource et comportement des flottilles. Ces résultats représenteront une contribution particulièrement importante à l’objectif de régionalisation de la gestion des ressources thonières

consommation de poissons
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