Les écosystèmes tropicaux de haute mer

Les thons : des espèces présentes dans tous les océans  |  Un chantier majeur, l'Océan Indien  |  Les dispositifs de concentration de poissons
L'occupation de l'habitat par les grands pélagiques  |  Les interactions entre la ressource et les pêcheurs  |  Les effets conjoints de la pêche et du climat  L'intégration des connaissances au moyen de modèles écosystémiques

Les effets conjoints de la pêche et du climat

Les zones de pêche et les débarquements n’ont pas cessé de croître durant les 50 dernières années, concentrant la pression de pêche uniquement sur les prédateurs supérieurs (thons essentiellement, requins et poissons porte-épée). Situés en bout de chaîne alimentaire, les prédateurs supérieurs exercent une pression sur les niveaux trophiques intermédiaires. Leur exploitation soutenue peut avoir des répercussions sur la communauté de leurs proies (« effet de cascade ») et réciproquement, l’impact des anomalies climatiques sur la distribution des proies est susceptible d'engendrer des réponses dans leur distribution ou leur survie (« effet bottom-up »). Dans le contexte d’une approche écosystémique de l’exploitation, cette recherche est entreprise pour caractériser et formaliser les interactions trophiques entre les prédateurs supérieurs et leurs proies. Un modèle biologique nouveau à l’IRD, les oiseaux marins, est utilisé pour aborder de manière indirecte les stratégies de recherche alimentaire des thons étant donné le recouvrement important des régimes alimentaires de ces prédateurs.
On tente aussi d’évaluer les interactions entre forçages climatiques et ressources thonières exploitées par différents engins (senne, palangre, canneurs) dans différents écosystèmes régionaux des océans Atlantique et Indien. L'influence des forçages climatiques est assez mal documentée lorsqu’il s’agit de comprendre ou prédire son action sur les différents niveaux trophiques. Dans les écosystèmes hauturiers, les prédateurs supérieurs forment l’unique compartiment trophique pour lequel des séries longues sont disponibles (grâce à leur exploitation soutenue). Les prédateurs marins supérieurs seront donc considérés comme des intégrateurs des chaînes trophiques et leurs réponses au changement climatique devront nous renseigner sur celle des écosystèmes hauturiers dans leur ensemble. L’originalité de l’approche repose sur l’analyse de séries rétrospectives de l’ordre de 30 à 50 ans, portant sur l’exploitation de thonidés aux caractéristiques biologiques différentes et s’appuyant sur une méthodologie commune, innovante et adaptée aux propriétés statistiques de ces séries temporelles. C’est donc par une approche comparative que l’on étudie les effets de la variabilité climatique sur les écosystèmes.
Le recours à des outils divers est nécessaire afin d’appréhender la complexité de ces écosystèmes et de pallier la difficulté logistique d’échantillonner ces milieux : étude des contenus stomacaux des prédateurs supérieurs, acoustique, marquage électronique, modélisation bioénergétique, analyses de séries temporelles.

consommation de poissons
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