Les grands écosystèmes mondiaux d'upwelling

Trois écosystèmes comparables
Trois écosystèmes différents :
le courant du Benguela  |  le courant des Canaries  |  le courant de Humboldt
Modélisation, SIG, observations acoustiques…

Le courant des Canaries

On distingue trois grandes régions dans l’écosystème du courant des Canaries :

La partie sud du système est caractérisée par une variabilité saisonnière  extrême, avec une alternance entre un écosystème sous influence tropicale en été et un écosystème sous l’influence d’un upwelling côtier en hiver. Cette alternance s’accompagne en été d’une migration jusqu’à 20°N d’espèces à affinité tropicale (thonidés) et en hiver d’une extension vers le sud de l’habitat des espèces tempérées comme la sardine S. Pilchardus.
Le système des Canaries présente une proportion unique de plateaux larges au Sud alors que les régions de bord Est, à cause de leur jeunesse géologique, sont généralement caractérisées par des plateaux étroits. Une correspondance a été observée entre la localisation des principales zones de ponte et les régions où le plateau s’élargit. Cette association serait le résultat de processus physiques se développant sur les plateaux larges et peu profonds qui limiteraient les échanges entre la bordure côtière et le domaine hauturier.
Les pêcheries de l’Afrique de l’Ouest sont étudiées depuis plusieurs décennies par l’IRD et ses partenaires. Les écosystèmes du courant des Canaries étaient dominés par les poissons démersaux de grande taille qui ont été rapidement surexploités. Dans la partie sud de la région, l’adaptabilité de la pêche artisanale lui a permis de tirer profit de la migration saisonnière de nombreuses espèces (balancement entre saison d’upwelling et période chaude dominée par des influences tropicales). Sur une plus longue période, l’histoire des pêcheries ouest-africaines semble avoir été épargnée par des effondrements brutaux comme ceux rencontrés dans les autres systèmes. Un taux d’exploitation moindre jusqu’aux années 1980 et l’importance de la variabilité saisonnière pourraient avoir contribué à cette résilience relative. Trois pays ont vu une croissance rapide et imprévue des stocks de poulpes dans les années 1970. Cette pêcherie de poulpe est devenue, en valeur, une des composantes essentielles des pêcheries ouest-africaines. Ce changement d’espèces a été interprété comme résultant de l'absence de contrôle du haut vers le bas de la chaîne trophique, suite à la surexploitation des espèces démersales et qui a favorisé le développement de leurs espèces proies à vie courte, tel le poulpe (ou bien encore les crevettes et les poissons pélagiques. Plus au nord, les éléments ayant conduit à un déplacement vers le sud  l’activité de la flotte de senneurs exploitant la sardine restent encore largement inconnus : déplacement du stock ou meilleure rentabilité économique au sud ? Devant le désert du Sahara, le déclin brutal de l’exploitation dans cette région dans les années 1990 suite au départ des flottilles de chalutiers des pays du bloc soviétique constitue un exemple unique de réduction de l’effort de pêche. La région du Sahara sera donc, en sus de celle de l’upwelling du Sénégal, une zone de recherche privilégiée pour l’étude des interactions physique-biologie.

consommation de poissons
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