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Les derniers peuples chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales

Qu’est-ce qu’un mode de vie chasseur-cueilleur ?  |  Qui sont les derniers chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales humides ?  |  Pourquoi si peu de gens font tant parler d’eux ?  |  Une situation contemporaine peu enviable  |  Pourquoi persister à dédier des recherches à ces peuples ?  |  Quel avenir pour les derniers peuples chasseurs-cueilleurs de forêt dans un monde en plein changement ?

Qui sont les derniers chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales humides ?
Aujourd’hui, les peuples chasseurs-cueilleurs résidant dans les forêts tropicales sont estimés à environ 1,3 millions de personnes et ne représentent qu’à peine 0,002 % de la population mondiale. Chaque jour naît sur terre l’équivalent de 15 % de la population totale de chasseurs-cueilleurs de forêt. C’est donc dire si ces peuples ne représentent qu’une fraction infime de l’humanité.
Malgré leur tout petit nombre, ces peuples fédèrent une incroyable diversité culturelle. Les 700 000 chasseurs-cueilleurs amérindiens de la grande Amazone, répartis sur 9 pays différents, représentent 186 ethnies bien distinctes. En forêt du Bassin du Congo, les 150 000 personnes que l’on reconnaît habituellement sous le nom de “Pygmées” représentent en réalité une douzaine d’ethnies séparées distribuées dans 11 pays différents. En Asie, les 450 000 chasseurs-cueilleurs répartis dans 5 pays, représentent près de 870 ethnies différentes. 93 % de cette diversité culturelle se trouve concentrée sur la seule île de Papouasie, véritable mosaïque de peuples à très faible représentation numérique car la grande majorité d’entre eux compte moins de 5 000 personnes. La diversité culturelle concentrée dans cette goutte d’eau d’humanité est 300 fois supérieure à celle qu’héberge un pays comme la France et est équivalente à celle du Cameroun, pays souvent cité comme exemple de nation à haute diversité ethnique.
Numériquement parlant, ces peuples constituent déjà une rareté ; cette rareté se double d’une diversité culturelle exceptionnelle. Ils rejoignent en cela la diversité biologique des forêts tropicales humides, qui est la plus élevée de la planète et qui comprend de nombreuses espèces rares qui sont condamnées à disparaître avant même d’être répertoriées.

Baka du sud du Cameroun
Habitat chez les Pygmées Baka