IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

Des forêts et des hommes

Des forêts et des hommes > Les habitants de la forêt > Les derniers peuples chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales

Les derniers peuples chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales

Qu’est-ce qu’un mode de vie chasseur-cueilleur ?  |  Qui sont les derniers chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales humides ?  |  Pourquoi si peu de gens font tant parler d’eux ?  |  Une situation contemporaine peu enviable  |  Pourquoi persister à dédier des recherches à ces peuples ?  |  Quel avenir pour les derniers peuples chasseurs-cueilleurs de forêt dans un monde en plein changement ?

Une situation contemporaine peu enviable
La plupart des sociétés naturalistes subissent aujourd’hui une pression de la mondialisation qui les mène à la paupérisation. L’argent et de nouvelles formes de possessions matérielles socialement valorisées font leur apparition dans les habitations délabrées, bien avant les livres scolaires, les traitements antipaludéens ou la carte d’identité. Aussi louable soit-elle, la défense des droits indigènes, portée aux nues depuis la Convention de Rio sur la Biodiversité, commence à engendrer quelques effets pervers. Dorénavant invitées à la table des négociations portant sur l’exploitation des richesses naturelles, ces populations – peu habituées à gérer le long terme – se contentent bien souvent d’empocher une manne monétaire en échange de leur patrimoine. Cette manne rapidement dilapidée occasionne des malaises sociaux internes s’affirmant à travers une érosion des règles d’entraide et de partage, des savoirs et savoir-faire naturalistes, des croyances et religions, donc un appauvrissement culturel généralisé. Habituées à s'organiser sur le court terme quand ce n'est pas au jour le jour, ces sociétés mésestiment le coût social et culturel à long terme de l'attrait de cette modernité qu'elles appellent de leurs vœux.
Les sociétés de chasseurs-cueilleurs continuent de payer les conséquences d’une vision romantique tenace en Occident, qui tend à leur reconnaître une improbable sagesse écologique garante d’une relation harmonieuse avec un environnement naturellement riche et prodiguant gîte, nourriture et soins. La réalité est loin d’être aussi idyllique. D'abord, ces sociétés vivent dans des zones à haute diversité biologique qui inclut également les pathogènes – virus, bactéries, parasites – et leurs vecteurs. Ensuite, la dégradation accélérée d’écosystèmes à diversité biologique élevée et la pression exercée par les institutions politiques et les opérateurs économiques – souvent relayés par des organisations caritatives ou non gouvernementales – ont conduit nombre de ces populations au bord des pistes et aux portes d’une modernité aguichante qui n’ouvrent souvent que sur la marginalité et la pauvreté.

Sarbacane chez les Punan de Bornéo