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Les derniers peuples chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales

Qu’est-ce qu’un mode de vie chasseur-cueilleur ?  |  Qui sont les derniers chasseurs-cueilleurs des forêts tropicales humides ?  |  Pourquoi si peu de gens font tant parler d’eux ?  |  Une situation contemporaine peu enviable  |  Pourquoi persister à dédier des recherches à ces peuples ?  |  Quel avenir pour les derniers peuples chasseurs-cueilleurs de forêt dans un monde en plein changement ?

Pourquoi persister à dédier des recherches à ces peuples ?
Plusieurs raisons justifient le fait de continuer à mener des recherches en partenariat avec ces derniers peuples nomades chasseurs-cueilleurs :
- Scientifique : la forte dépendance de ces sociétés vis à vis de leur nature en fait un objet d’étude idéal pour analyser la complexité des interactions en présence, notamment dans les environnements à diversités culturelle et biologique élevées que sont les forêts tropicales humides. Ces sociétés vivant en étroite interdépendance avec leur environnement naturel ont acquis des savoirs et savoir-faire indéniables à l’égard d’une biodiversité propre à leur lieu de subsistance. À l’heure où les préoccupations environnementales suscitent une demande sociétale grandissante, les chercheurs en ethnoscience doivent plus que jamais se faire les avocats de ces savoirs en perdition.
- Philosophique : sans vouloir chercher à faire de ces sociétés les nobles sauvages qu’elles ne sont pas, ces sociétés n’en sont pas moins emblématiques de cette réconciliation nécessaire entre notre espèce et l’environnement naturel qu’elle altère de manière irrémédiable et souvent dramatique. Ni bons sauvages, ni destructeurs de l’environnement, les derniers peuples nomades de la planète sont des sociétés naturalistes qui ont en commun la contrainte de devoir rapidement s'adapter à de nouvelles conditions économiques, souvent au prix de leur intégrité culturelle. Ils aspirent aujourd'hui à la citoyenneté et revendiquent un droit légitime à la santé, à l’éducation, à la reconnaissance de leur patrimoine, à l’accès à l’économie de marché, et à la tenure foncière.
- Sensibilisation et action : jusqu’à un passé récent, ces peuples forestiers ne suscitaient guère l’intérêt des autorités du fait de leur faible effectif et de leur relatif enclavement. Mais depuis peu, ces sociétés focalisent l’attention des organisations de développement en raison de nouveaux enjeux économiques ou de conservation pesant sur les milieux naturels qu’elles occupent. En empruntant au jargon de l’écologie de la conservation, on pourrait dire qu’il s’agit de “sociétés indicatrices” propres à toucher le grand public et les décideurs. Malheureusement elles sont, bien souvent manipulées comme porte-drapeaux des organisations indigénistes sur la scène internationale.
- Éthique : ces peuples au devenir incertain risquent de payer plus chèrement que tout autre, les conséquences du changement climatique sur leur environnement, alors que, comble d’ironie, ils sont ceux qui contribuent le moins à l’émission des gaz à effet de serre. Rappelons en effet que le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) identifie l’effet de serre comme le principal mécanisme conduisant au réchauffement climatique et estime comme hautement probable la responsabilité des activités humaines dans ce changement.

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