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Des forêts et des hommes

Des forêts et des hommes > Politiques et dynamiques forestières > Forêt et biodiversité > La construction du lien entre savoirs locaux et diversité biologique

La construction du lien entre savoirs locaux et diversité biologique : un regard renouvelé sur les populations forestières

Les revendications autochtones à Bonn à la Convention sur la Diversité Biologique

Mouvements sociaux identitaires et mouvements environnementaux  |  L’écologie des savoirs traditionnels en milieu forestier : cosmologie native et environnement  |  La politisation des savoirs locaux  |  La consécration du lien : l’apport de la Convention sur la Diversité Biologique  |  Un lien controversé mais assumé politiquement

À la faveur du développement durable, la diversité culturelle a été redéfinie en lien étroit avec la diversité biologique. Les populations traditionnelles sont désormais présentées comme détentrices de savoirs favorables à la conservation, la question de leur survie culturelle devenant un enjeu pour le maintien de la biodiversité. Leur contribution à la gestion des ressources constitue de fait un trait majeur de la gouvernance de la biodiversité. L’idée de diversité bioculturelle rend compte de ce lien Elle résulte d’une co-construction discursive et politique au carrefour d’intérêts et de représentations multiples (Foyer, 2010), dans laquelle le sous-continent latino-américain a occupé une place prépondérante en revendiquant une correspondance entre la nature redéfinie en termes de biodiversité et la diversité culturelle incarnée par ses populations indigènes. Les images d’abondance et d’harmonie avec la nature liées aux forêts tropicales sont aujourd’hui associées à la bonne gestion de l’environnement. Les peuples autochtones amazoniens, vivant dans des milieux particulièrement dotés en biodiversité, se sont massivement mobilisés autour de ces questions. Leurs stratégies politiques ont eu une influence indéniable lors de la rédaction de la Convention sur la diversité biologique et de son article 8(j). Après avoir dépeint leur action et son aboutissement en 1992, nous nous interrogerons sur la pertinence anthropologique d’un rapprochement entre diversités culturelle et biologique, puis évoquerons les requalifications des pratiques et savoirs locaux auxquelles il donne lieu.