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Des forêts et des hommes

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Mise en œuvre en Indonésie

Exploitation illégale de bois en Indonésie

Avec 50 à 60 % de couvert forestier, le troisième plus grand massif forestier au monde après l’Amazonie et le Bassin du Congo, entre un et quatre millions d’hectares de forêt disparus ou dégradés par an, un troisième rang mondial au palmarès des pays émetteurs de gaz à effet de serre… l’Indonésie était destinée à jouer un rôle majeur dans les négociations pour la REDD.

Les taux élevés de déforestation et de dégradation sont la conséquence directe d’une appropriation des forêts par l’État, et des rôles économiques jusque-là dévolus aux forêts : source de devises par l’exploitation du bois, réserve foncière pour le développement de cultures pérennes et de plantations forestières. L’état des forêts indonésiennes continue à se détériorer en raison de l’exploitation forestière légale et illégale, la conversion à l’agriculture par les grandes compagnies, l’installation de transmigrants ou les défriches de cultivateurs sur brûlis, l’exploitation minière, etc. 
La REDD introduit une dimension nouvelle : la possibilité de collecter des fonds sans détruire ou convertir la forêt.
Tous les acteurs concernés se sont hâtés de signaler leur intérêt pour la REDD et de se placer en bonne position pour percevoir une partie de cette nouvelle manne. Contrairement à de nombreux autres pays tropicaux où les grandes ONG internationales mènent la danse, le Ministère indonésien des Forêts, épaulé par l’Agence nationale de planification et de développement (BAPPENAS), a rapidement pris la situation en main. Pourtant rarement loué pour son efficacité, le Ministère a su élaborer une stratégie nationale pour la REDD et coordonner les multiples programmes de préparation à la REDD au rang desquels il convient de citer l’ONU-REDD, les programmes mis en place par la Banque Mondiale et le gouvernement australien, et les initiatives lancées par divers organismes (KFW/GTZ, JICA, KOICA, OIBT, AFD, etc.). En appui à la mise en oeuvre de la stratégie nationale, l’Indonésie développe depuis 2007 des méthodes d’évaluation et de suivi, un système d’information sur les ressources forestières et un système de comptabilisation du carbone national avec l’aide de l’Australie.