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Des forêts et des hommes

Des forêts et des hommes > Politiques et dynamiques forestières > Forêts, changement climatique et carbone > Mise en œuvre à Madagascar

Mise en œuvre à Madagascar

Culture de riz sur défriche brûlis

Une nouvelle aire protégée sur le plateau de Makira  |  Des initiatives inédites

Considérée comme un des pays mégadivers (85 % des espèces végétales sont endémiques), Madagascar fait depuis de nombreuses années l’objet d’une attention toute particulière en termes de conservation de sa biodiversité forestière. Même si les controverses scientifiques existent quant à l’importance et l’évolution de la déforestation, il est communément admis que la Grande Île a connu une perte de son couvert forestier en grande partie liée à l’agriculture sur abattis-brûlis. De nombreuses initiatives ont été prises notamment depuis 1990 dans le cadre d’une planification environnementale ambitieuse se déclinant tant au niveau national (mise en place des institutions telles que l’Office national pour l’environnement, l’association nationale des aires protégées…) qu’à des niveaux plus décentralisées (gestion communautaire des ressources naturelles, activités génératrices de revenus, planification locale).

Cette politique fortement soutenue financièrement et techniquement par les bailleurs de fonds (Banque mondiale, coopérations bilatérales, grandes ONG de conservation) s’est focalisée sur les écosystèmes forestiers (au détriment notamment de l’environnement marin et côtier ou de l’environnement urbain et péri-urbain), en privilégiant les aires protégées comme modalité de conservation. Adossée à des dispositifs de gestion communautaire et de valorisation économique de la biodiversité, cette politique s’est progressivement orientée vers un élargissement de ces zones de conservation en adoptant la logique des corridors, formes innovantes d’aires protégées, concevant la conservation essentiellement à partir d’une approche économique (PSE, vente de crédits carbone, développement périphérique, écotourisme,) et participative (co-gestion avec les communautés et leurs fédérations).
Pour faire face à cette extension des zones de conservation et pour pallier à l’arrêt programmé de cette planification environnementale (1990-2008), Madagascar a cherché à attirer de nouveaux financements pérennes en mobilisant la rhétorique de la déforestation évitée dans le cadre de la renégociation post-Kyoto évoquée ci-dessus.