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Des forêts et des hommes

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Comment la problématique du changement global change la perception des forêts

Action sur la Petite Sirène de Copenhague

Forêts et changements climatiques  |  Financer le mantien des forêts  |  Enjeux de société liés aux paiements pour services environnementaux 

Forêts et changements climatiques
La presque totalité de la déforestation – 13 millions d’hectares défrichés chaque année dans le monde, d’après la FAO – est observée dans les forêts tropicales. Les forêts tropicales stockeraient 25 % du carbone de la biosphère terrestre. Leur rôle dans l’absorption des gaz à effet de serre (GES) est plus controversé, mais les forêts tropicales non perturbées pourraient absorber 18 % des émissions provenant des activités humaines chaque année. Une étude récente menée sur quarante ans en Afrique estime que les arbres tropicaux séquestreraient 0,6 tonne de carbone à l’hectare par an ; le Brésil avance le chiffre de 2 tonnes à l’hectare. D’après l’Union internationale de la recherche forestière, les forêts absorbent actuellement plus de carbone qu’elles n’en libèrent, mais cette fonction de régulation pourrait disparaître avec un réchauffement global supérieur à 2,5°C. Les forêts sont donc devenues indissociables de la question climatique, elles sont vues comme des infrastructures naturelles de lutte contre l’effet de serre, mais également comme des victimes potentielles du réchauffement capables de déclencher des rétroactions désastreuses pour la planète.
Le Brésil et l’Indonésie, deux grands pays forestiers avec les pays du bassin du Congo, se placent parmi les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) responsables du changement climatique. 75 % des émissions du Brésil proviennent de la conversion de la forêt en terres agricoles ou d’élevage. Cependant, la priorité donnée aux actions de réduction des émissions industrielles de GES, les incertitudes sur l’impact de la déforestation dans les émissions globales, la difficulté de contrôler la déforestation ont longtemps repoussé la prise en compte de la séquestration de carbone par les forêts. Cela a changé en 2005, à la conférence de Montréal, sous l’influence de la Coalition for Rainforest Nations menée par le Costa Rica et la Papouasie - Nouvelle-Guinée. L’État brésilien de l’Amazonas y présente le calcul du gain que l’humanité retire de sa lutte contre la déforestation grâce à la création d’aires protégées : 3 milliards de dollars, sur la base d’un prix de la tonne de carbone à 5 dollars. La France, qui soutient le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC), lancé en 2002 lors du Sommet du développement durable de Johannesburg, participe avec les pays de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) à la promotion de la lutte contre la dégradation due à de mauvaises pratiques d’exploitation forestière. La lutte contre la dégradation par la promotion de plans de gestion forestière apparaît alors, au même titre que la lutte contre la déforestation, comme un moyen de réduire les émissions. Le décor est dressé pour que les économistes et les scientifiques se portent à la rescousse des États possédant une forêt tropicale.