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Des forêts et des hommes

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L’Amazonie et la disparition des forêts tropicales

Zone déforestée. Etat du Pará

Les acteurs de la déforestation  |  Le difficile contrôle des défrichements  |  Vers un changement de paradigme dans l’agriculture familiale ?

Les forêts tropicales disparaissent rapidement sous nos yeux, substituées par des activités agricoles et l’élevage bovin. Une étude de l’Université de Stanford a montré que, durant les décennies 1980 et 1990, 55% des nouvelles terres mises en culture dans le monde ont été prises sur des espaces forestiers encore intacts et 28%  sur des forêts déjà altérées. Ce mouvement continue, malgré un certain nombre de mesures, et concerne principalement les forêts tropicales. Les pays où la déforestation est la plus intense sont le Brésil, l’Indonésie et la Malaisie. Quelques produits sont responsables de la plus grande partie de ces défrichements : la canne à sucre (éthanol), le soja, le palmier à huile et la viande bovine. Nous ne nous situons donc pas au sein d’un cycle qui pourrait voir la forêt revenir substituer les activités agricoles, au bout d’un certain temps, dans le cadre d’une éventuelle déprise, associée ou non à une intensification des systèmes de production. Ce phénomène existe mais il est marginal (reprise de 5.000 Km2 pour environ 100.000 Km2 déboisés) et de courte durée. Il s’agit d’une dynamique linéaire, irréversible, fondée sur une demande mondiale en pleine croissance. L’ONU estime que la consommation de ressources naturelles (comme d’ailleurs la demande d’énergie et la consommation de produits agricoles) pourrait être multipliée par trois d’ici 2050. Si un tel scénario est de toute façon matériellement impossible, il n’en reste pas moins que son début de réalisation risque d’être fatal aux forêts tropicales. Les causes profondes de la déforestation sont donc partout les mêmes, seuls les agents économiques qui en sont responsables varient en proportion selon les régions, les structures sociales et les politiques nationales. L’Amazonie, et en particulier l’Amazonie brésilienne, constitue une scène où presque tous les acteurs à l’origine de la disparition de la forêt sont présents. C’est sans doute aussi la région qui a vu la mise en place du plus grand ensemble de mesures visant la conservation. Pourtant les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Il est donc important d’étudier à la fois les mécanismes qui conduisent à la déforestation, dans toute leur complexité, et les causes de la relative inefficacité de certaines politiques publiques. Il est aussi important d’analyser les nombreux projets dits « de développement durable », tant du point de vue de leurs effets environnementaux que de l’amélioration des conditions de vie des populations concernées. C’est ce que fait l’IRD en collaboration avec différentes institutions brésiliennes (Université Fédérale de Rio de Janeiro, Musée Emilio Goeldi de Belém, Université Fédérale Rurale du Pará, Institut National de Recherche d’Amazonie à Manaus, etc.).