IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

Des forêts et des hommes

Des forêts et des hommes > Politiques et dynamiques forestières > Des populations et leurs espaces > Des populations forestières sous contrat

Des populations forestières sous contrat

Maison de caboclo

La Constitution de 1988  |  Le mouvement socioambiental et les politiques nationales  |  Les conventions sur la diversité biologique et le changement climatique  |  Une mosaïque d'aires protégées

Les récentes politiques de conservation en Amazonie brésilienne ont entériné la présence de populations forestières en distribuant à celles-ci de nouveaux droits sociaux et fonciers. L’objectif de conservation se trouve ainsi associé à des politiques de lutte contre la pauvreté et vise à transformer l’aire protégée en ressource économique et espace de citoyenneté. Ces différentes mesures sont le produit d’une longue histoire que nous retraçons ici.

Les premières réserves amazoniennes remontent à la fin des années 1950. Elles s’apparentent à des sanctuaires de nature et ont pour objectif de conserver des pans entiers de territoires intacts pour leur qualité biologique, se rapportant à la faune et la flore sauvages ou à la structure de la forêt. Elles cohabitent avec les réserves indigènes, seules réserves habitées à l’époque, mais dont la création a été étrangère à l’idée de protection de la nature, pour s’inscrire dans l’histoire conflictuelle de la colonisation (Grenand, 1996).

Jusqu’aux années 1960, l’occupation de l’Amazonie se fait essentiellement par les fleuves. Elle est le fait des populations caboclos, à l’origine métis d'Amérindiens et de colons, organisées autour de la culture de manioc, et des populations qui vivent de l’extractivisme, ensemble d’activités que la FAO intègrera plus tard à une réflexion sur les produits forestiers non ligneux (PFNL).

Après une longue période de dictature (1964-1985) où d’importants programmes de colonisation et d’intégration de l’Amazonie sont mis en oeuvre par les militaires pour repousser la frontière agricole toujours plus à l’Ouest, les mesures législatives favorables aux populations forestières jusqu’alors stigmatisées se succèdent. En étant reconnue comme un mode efficace de conservation, la gestion communautaire des ressources naturelles pratiquée par les différentes communautés constitue la trame de l’occupation de leur territoire. On peut distinguer trois impulsions à la reconnaissance de droits : la Constitution de 1988, le mouvement socioambiental, et enfin les conventions d’environnement global adoptées au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Pinton, Aubertin, 2005).