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Des forêts et des hommes

Des forêts et des hommes > Politiques et dynamiques forestières > Des espaces et des populations sous contrat > Participation et concertation dans la gestion forestière au Maroc

Participation et concertation dans la gestion forestière au Maroc : micmac à tire-larigot ou utopie constructive ?

Discussion sur les règles d’usages de la forêt

Un héritage législatif centralisateur en matière de gestion forestière  |  Trois grands types de gestion « concertée »  |  Pouvoirs et légitimités : une nécessaire transformation des relations entre l’État et les acteurs locaux

Un héritage législatif centralisateur en matière de gestion forestière
La gestion forestière est, au Maroc, légalement du ressort exclusif de l’État. Même des essences comme le noyer par exemple, plantées sur des terrains privés, sont soumises à autorisation de coupe. Cette législation forestière est héritée du Code forestier français introduit lors du protectorat. L’époque pré-coloniale était caractérisée par la prédominance des formes de gestion communautaire de l’accès et des usages des ressources, et diverses formes relictuelles se juxtaposant au droit positif – les agdals en particulier – sont encore aujourd’hui très vivantes dans certains endroits. Mais les acteurs locaux sont considérés par les Autorités comme des « usagers » des espaces forestiers, seuls des droits d’usage leur sont reconnus « en vertu de la tradition » (collecte de bois mort, pâturage), qui sont très encadrés. Les conditions d’accès et d’usage des ressources forestières sont toujours largement déterminées par la Loi (Dahir) de 1917, ce qui signifie que tout prélèvement de bois vif reste interdit et les usagers, utilisateurs sous différentes formes de la forêt, restent dans leur majorité des « délinquants » aux yeux des forestiers.
Depuis une vingtaine d’années cependant, de nouvelles stratégies forestières apparaissent, qui font appel à la participation active des populations locales et à la concertation. Différents projets, soutenus par les Institutions internationales, ont vu le jour, dans lesquels la participation des populations locales et la concertation sont des slogans largement mis en avant.