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Les agroforêts cacaoyères du Sud-Cameroun

Un entretien continu des cacaoyers  |  Un véritable patrimoine

Séchage du cacao

Originaire du Mexique, le cacaoyer n’a été introduit que depuis moins d’un siècle dans les forêts d’Afrique centrale. Pourtant, sa culture servi de cadre à l’élaboration par les paysans africains, de systèmes agroforestiers complexes et variés somme toute relativement récents. Ces agroforêts viennent illustrer le fait qu’une pratique traditionnelle n’est pas nécessairement tributaire d’une grande profondeur historique. Au Cameroun, elles constituent le système agroforestier le plus riche en diversité et le plus divers dans sa configuration, qui peut aller de la monoculture intensive en plantation pure de variétés améliorées et sans ombrages, qui nécessite un apport massif d’intrants et phytosanitaires, jusqu’à des formes plus complexes et multi-usages, au sein desquels le cacaoyer n’est qu’une ressource parmi d’autres. Les agroforêts cacaoyères sont l’objet d’un intérêt croissant compte tenu de leur rôle important dans le maintien de services écosystémiques et pour la conservation de la biodiversité.
Pour la majorité des sociétés qui pratiquent l’agroforesterie cacaoyère en Afrique, l’agroforêt ne constitue qu’une composante parmi d’autres du système de production qui combine des activités de chasse, pêche, agriculture vivrière et cueillette.
Au sud du Cameroun, les agroforêts des agriculteurs Mvae et Ntumu se présentent sous la forme de forêts reconstruites, domestiquées qui comptent plusieurs strates : la strate supérieure composée d’arbres d’ombrages utiles, la deuxième plus basse est celle des cacaoyers et enfin, une troisième strate herbacée. Les arbres qui assurent l’ombrage du cacao présentent une grande diversité. Les espèces forestières natives sont associées à des espèces fruitières plantées qui participent à l’alimentation quotidienne et susceptibles d’être commercialisées (avocatiers, agrumes, manguiers, safoutiers…) ou des espèces spontanées maintenues (palmier à huile). D’une façon générale, les arbres natifs sont largement favorisés et représentent une large part du peuplement arboré. Ces espèces fournissent des ressources alimentaires, médicinales et de nombreux autres usages domestiques.