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Des forêts et des hommes

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Les jardins agroforestiers Chagga du Kilimanjaro

Champs de cultures annuelles

Une juxtaposition serrée de jardins  |  La réinvention du ki hamba  |  Pérennisation du système de culture et reproduction sociale

Les pentes sud et est de l’impressionnant massif du Kilmanjaro en Tanzanie, apparaissent au premier regard couvertes de forêt. La plaine qui le borde présente de nos jours un paysage de parc arboré composé de champs ouverts piquetés d’arbres. Ces derniers sont en fait les reliquats volontairement maintenus d’une ancienne forêt sèche. Les Chaggas, premiers et principaux habitants de la région, avaient l’habitude, jusqu’à la première moitié du XXe siècle, de l’utiliser pour des cultures annuelles dans la zone de piedmont et, au delà, comme pâturage pour l’élevage extensif. Capitalisés principalement par les chefs (mangi) ou les notables, les bovins et les caprins servaient de monnaie d’échange aussi bien à l’intérieur du pays chagga qu’avec les peuples voisins. Cette conversion progressive du paysage des basses terres est consécutive à un changement de statut de ces espaces intervenu dans les années 1950 et qui faisait suite à celui intervenu dès les années 1920-1930 avec l’adoption du café dans les hautes terres situées entre le piedmont et environ 1800 m d’altitude.