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La forêt d'arganiers du Maroc est-elle une forêt "naturelle" ? Une histoire de point de vue ?

Arganeraies du Maroc

Quand le champ devient forêt  |  Des forêts sacrées  |  Naturelle ou domestique :
une question de points de vue

Mais qui a donc planté les forêts d’arganiers du Sud marocain permettant ainsi le développement d’un écosystème méditerranéen le plus austral de l’hémisphère nord ? Personne bien évidemment puisque l’arganier, argania spinosa, existe depuis l’ère tertiaire et est une relique du couvert tropical recouvrant jadis le Nord Ouest de l’Afrique. Néanmoins ce n’est pas parce qu’elles n’ont pas été plantées par les hommes, qu’elles n’en sont pas moins domestiquées ou tout du moins fortement anthropiques. Car pourquoi l’arganier aurait-il subsisté et qui plus est sous la forme de forêts clairsemées (comportant par endroit jusqu’à 600 pieds par hectare) uniquement dans les régions semi arides du Sud ouest atlantique du Maroc alors que l’on trouve des reliques de sa présence de l’extrême Nord du Maroc à la Mauritanie ? Les conditions climatiques et la situation géographique ont certainement aidé, mais le travail de l’homme n’y est-il pas pour quelque chose ?
À l’heure où l’image qui s’impose de la forêt d’arganiers via les politiques de développement et de conservation est celle d’une forêt naturelle constituée d’une essence endémique au Maroc dont on tire des fruits une huile de jouvence, la question se pose de savoir comment divergent ou convergent les points de vue des berbères de ces régions et des développeurs sur l’impact que les hommes ont sur la régénération du peuplement arganier.