retour au sommaire de SUDS EN LIGNE
Abidjan (Côte d'Ivoire)Bamako (Mali)Bangkok (Thaïlande)Bogota (Colombie)Delhi (Inde)Guatemala CiudadHanoi (Viêt-nam)Johannesburg (Afrique du Sud)Kampala (Ouganda)Le Caire (Egypte)Montréal (Canada)Moscou (Russie)Mumbai (Inde)Ouagadougou (Burkina Faso)Paris (France)Quito (Equateur)Santiago du ChiliSão Paulo (Brésil)Strasbourg (France)


Des paysages urbains contrastés
  |  Les habitants,
acteurs à part entière
  |  La ségrégation toujours présente
Les politiques publiques ont du mal à s'imposer

La ségrégation toujours présente

Sous l'effet des migrations, des mobilités résidentielles, des politiques urbaines, du marché du logement…, l'espace urbain s'étend et se réorganise en permanence. Nous allons voir ici comment évoluent ces recompositions territoriales à travers l'analyse de la ségrégation sociale et le rôle des choix résidentiels dans ce mouvement.
Dans toutes les métropoles, les classes sociales évitent de se mélanger. Pour exemple, les ménages aisés ou à revenus moyens préfèrent habiter en périphérie pour un meilleur cadre de vie mais aussi pour se retrouver entre personnes de même rang social. A l'inverse, les plus démunis évitent en général de côtoyer les riches qui, pour certains, sont responsables de leur condition sociale. La ségrégation existe donc partout et n'est pas récente, à en juger l'histoire de villes comme Johannesburg (les populations noires d'un côté, les blanches de l'autre) ou Montréal (quartiers francophones et anglophones).
La ségrégation résulte des choix résidentiels des individus mais pas uniquement. Les politiques urbaines participent à ce phénomène en réaménageant par exemple des quartiers dégradés ou en baissant les taux d'intérêts sur les crédits immobiliers pour permettre notamment aux plus démunis d'accéder à des logement légaux. Le marché du logement y contribue lui aussi car la mobilité résidentielle est dépendante des offres de logement. Marché du logement, politique urbaine et logique socio-résidentielle s'articulent donc pour produire de la ségrégation.
Toutefois, si les classes sociales sont toujours désireuses de vivre séparément, d'autres choix résidentiels les rapprochent. Le retour des classes fortunées dans le centre ville où résident aussi les plus démunis, le départ en périphérie à la fois des classes moyennes, aisées et modestes sur une superficie qui ne peut s'étendre à l'infini, le déplacement des poches de pauvreté … rapprochent les diverses classes sociales. Mais ceci ne veut pas dire que la ségrégation disparaît car proximité spatiale ne veut pas dire mixité sociale. Les populations continuent de vivre chacune de leur côté. La ségrégation prend aussi de nouvelles formes lorsque les classes sociales habitent trop près les unes des autres pour continuer à marquer leur différence sociale par la localisation du logement. Ainsi, les divers ménages n'ont pas accès aux mêmes espaces (écoles, centres de loisirs), les mêmes facilités de déplacements. Habitant le même endroit, ils n'occupent pas la même ville.
Si les recompositions territoriales n'ont pas fait disparaître la ségrégation sociale, sa lisibilité est aujourd'hui plus complexe. Le paysage urbain d'aujourd'hui a l'aspect d'une mosaïque de micro espaces de plus en plus homogènes dont les formes varient d'une métropole à l'autre selon les interactions du marché foncier, des politiques urbaines, des choix résidentiels.