Réglementation de l'accès à la biodiversité : les enjeux de la Convention sur la diversité biologique

Divers acteurs font entendre leur voix  |  La dénonciation de la biopiraterie 
Un partage des bénéfices tirés de la biodiversité  |  Vers un nécessaire rattrapage économique des pays du Sud  |  A qui appartient la biodiversité ?
La route est longue vers le partage des avantages  |  Une demande incertaine
Pas de surenchères de demande dans le secteur pharmaceutique  |  La question des droits de propriété intellectuelle au centre du débat  |  Une ressource mal définie  |  Explorer d’autres possibilités  |  Pour en savoir plus
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La dénonciation de la biopiraterie

Le compromis entre ces différents acteurs, et entre les différentes visions du monde qu’ils portent, va se faire autour de la reconnaissance d'un marché des ressources génétiques. Cela explique que certains aient pu lire la Convention comme un moyen d'encadrer légalement la biopiraterie. De quoi s'agit-il ? On se trouve ici devant un fait stylisé, c'est-à-dire devant une histoire qui dépend davantage du registre du sensible que du registre du scientifique. Le scénario de référence en est simple : des chercheurs d'une université, généralement américaine, prélèvent du matériel biologique dans un pays du Sud. Dans le contexte des formidables progrès des biotechnologies qui utilisent désormais les gènes comme simple matière première, ils isolent un gène aux propriétés particulières connues depuis "des générations" par les populations locales. Puis, pour faire reconnaître et protéger leur travail et leur innovation, ils demandent un droit de propriété intellectuelle, généralement un brevet. Enfin, ils vendent ce brevet à une firme multinationale pharmaceutique ou agrochimique censée en tirer des revenus illimités et monopolistiques grâce à la production de médicaments ou de semences. Les ONG indigénistes et environnementales n'ont de cesse de dénoncer ces agissements, réels ou supposés. Des revendications identitaires et foncières, la morale, le droit des peuples sur leurs ressources et leurs savoirs sont alors avancés, mais ce sont surtout des demandes de dédommagement, d'intéressement aux bénéfices, pour les États et les populations, qui sont opposées à cette nouvelle forme de pillage du Tiers-monde. Or, si les pays du Sud veulent toucher des royalties sur les découvertes issues de la prospection de leurs richesses naturelles, il leur faut reconnaître les brevets sur le vivant d'une part et, d'autre part, il leur faut mettre en place un système qui garantisse leurs droits sur leurs richesses naturelles.

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