Consommer des feuilles de coca :
quels effets sur la santé ?

Des effets majeurs sur le métabolisme  |  Pour en savoir plus
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Mâcher des feuilles de coca constitue chez les populations andines de Bolivie et du Pérou une tradition millénaire qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours . Aujourd'hui, plus de deux millions de Boliviens mâchent des feuilles de coca. Cette consommation traditionnelle relève-t-elle d'une simple habitude culturelle ou est-elle motivée par des effets physiologiques induits par la mastication des feuilles ?

Des chercheurs de l'IBBA (Institut bolivien de biologie d'altitude), du CNRS et de l’IRD ont tenté de répondre à cette question dans le cadre d'un programme de recherche mené auprès d'agriculteurs de l'Altiplano bolivien, consommateurs de coca. Les résultats de cette étude, soutenue par le ministère français des Affaires étrangères, conduisent aujourd'hui à mieux mesurer l'impact de la consommation traditionnelle de coca sur la santé des populations andines.
L'analyse phytochimique de la coca (Erythroxylum coca var. coca) cultivée en Bolivie laisse apparaître que celle-ci contient trois alcaloïdes naturels, parmi lesquels la cocaïne représente la quantité la plus importante. Cette teneur en cocaïne est égale quelle que soit la région de production et varie selon la saison de récolte des feuilles. La préférence des agriculteurs boliviens pour la coca des Yungas , la plus ancienne zone de culture en Bolivie, ne peut donc s'expliquer par une variation de la concentration en cocaïne mais pourrait être due, entre autres, aux qualités gustatives de la coca cultivée dans les Yungas et à l'ancienneté des réseaux commerciaux établis entre cette région et les marchés d'approvisionnement locaux.

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