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Un peu d'histoire

Plus de 600 virus nouveaux décrits dans les années 50-60  |  Le concept
de maladie virale émergente
  |  L'histoire des grandes pandémies  |  L'affirmation prophétique de Charles Nicolle en 1933

L’histoire des grandes pandémies

L’histoire nous enseigne que beaucoup de viroses humaines étaient à l’origine des zoonoses (maladies qui atteignent les animaux), telles la variole ou la rougeole, dont les germes ont dû s’adapter à l’homme au cours d’un processus probablement long. Ce changement d’hôte a nécessité une évolution du virus, qui s’est réalisée selon des processus complexes. Une fois le franchissement de la barrière d’espèce réussi, les virus qui ont eu la possibilité de s’adapter à une transmission interhumaine efficace (respiratoire ou sexuelle) sont alors devenus une véritable menace pour l’homme. Mais la mise en place de ces cycles souvent complexes résulte d’importantes modifications dans le comportement de l’espèce humaine. En effet, du temps où l’homme vivait en groupe de quelques dizaines d’individus, il était en contact avec des virus à transmission familiale ou chronique (herpès, Papillomavirus, rétrovirus, hépatite B) ou encore avec des virus agents de zoonoses, avec lesquels il entrait en contact notamment au cours de la chasse. Mais, à cette époque préhistorique, les épidémies ne pouvaient exister en raison des très faibles densités de population. Des changements radicaux se produisent il y a plus de 10 000 ans, avec l’avènement de la révolution agricole, qui rapproche l’homme des animaux récemment domestiqués et a pour conséquence des affections virales nouvelles, jusqu’alors inféodées aux animaux. Durant l’Antiquité, le développement des cités et des routes crée les conditions favorables à l’apparition des épidémies, désignées par le terme de « pestes ». Les transports, caravaniers d’abord, puis maritimes, permettent la diffusion des germes sur le continent eurasien et aboutissent au Moyen Âge à un équilibre, défini par l’historien Emmanuel Leroi-Ladurie par le terme « d’unicité microbienne ». Les épidémies successives entraînent l’apparition d’un groupe d’individus devenus résistants par l’immunité acquise. De ce fait, les enfants nouveau-nés deviennent les cibles de ces germes qui seront alors à l’origine des maladies infectieuses de l’enfance (rougeole , variole, oreillons, rubéole). Cet équilibre sera de courte durée : l’arrivée de la Grande Peste en 1347 puis la diffusion des germes au XVIe siècle dans le Nouveau Monde, où les populations indigènes sont décimées, sont la cause d’un effondrement démographique sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. Dans un passé plus proche, à l’époque de la révolution industrielle, la tuberculose fait des ravages parmi les populations ouvrières regroupées dans les métropoles industrielles d’Europe du Nord. Il faut garder présent à l’esprit que, à tout moment, l’émergence d’agents infectieux, qu’ils soient d’origine bactérienne ou virale, découle des modifications apportées par l’homme à l’écosystème.



 

Les maladies virales, introduction