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Un peu d'histoire

Plus de 600 virus nouveaux décrits dans les années 50-60  |  Le concept
de maladie virale émergente
  |  L'histoire des grandes pandémies  |  L'affirmation prophétique de Charles Nicolle en 1933

L’affirmation prophétique de Charles Nicolle en 1933

Notre propos est fondé sur l’affirmation prophétique de Charles Nicolle, prestigieux pastorien, lauréat du prix Nobel de Médecine, qui écrivait en 1933 : « Il y aura donc des maladies nouvelles. C’est un fait fatal. Un autre fait, aussi fatal, est que nous ne saurons jamais les dépister dès leur origine. Lorsque nous aurons notion de ces maladies, elles seront déjà toutes formées, adultes pourrait-on dire. Elles apparaîtront comme Athéna parut, sortant tout armée du cerveau de Zeus. Comment les reconnaîtrons-nous, ces maladies nouvelles, comment soupçonnerions-nous leur existence avant qu’elles n’aient revêtu leurs costumes de symptômes ? Il faut bien se résigner à l’ignorance des premiers cas évidents. Ils seront méconnus, confondus avec des maladies déjà existantes et ce n’est qu’après une longue période de tâtonnements que l’on dégagera le nouveau type pathologique du tableau des affections déjà classées. »
L’exemple du sida illustre ces propos : cette maladie est longtemps restée ignorée dans son foyer naturel africain. Ce n’est qu’après avoir été introduits aux États-Unis et en Europe que la maladie et ses virus furent décrits. De même, les réseaux de surveillance des épidémies n’ont été en mesure de détecter le Coronavirus responsable du SRAS qu’après la diffusion de celui-ci hors de son foyer naturel. L’exemple du SRAS met en évidence le point sensible de notre système de surveillance des maladies nouvelles, système qui ne devient efficace que lorsque le germe pénètre dans les sociétés hyper-médicalisées du Nord, alors qu’il peut passer inaperçu dans son foyer initial. Visiblement, la leçon du sida est loin d’avoir été retenue : malgré les remarquables découvertes scientifiques de ces dernières années, la vulnérabilité de l’espèce humaine face aux virus, « les seuls prédateurs de l’homme » selon l’expression du prix Nobel de médecine Joshua Lederberg, demeure entière.

Mais face à ces menaces souvent très médiatisées, les chercheurs possèdent des outils de lutte. Ils envisagent même, pour les décennies à venir, d’utiliser les virus comme des « armes thérapeutiques », ce qui pourrait ouvrir d’extraordinaires perspectives pour le traitement non seulement des maladies infectieuses mais aussi d’autres pathologies, comme certains cancers ou maladies cardio-vasculaires.



 

Les maladies virales, introduction