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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Le diagnostic biologique des maladies virales

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Les momies andines livrent leur secret

Nous donnerons un dernier exemple, récent, de l’intérêt présenté par la biologie moléculaire appliquée à l’histoire des virus. Comme nous l’avons dit précédemment, le virus HTLV-1, premier rétrovirus humain connu, a été isolé par Robert Gallo. La maladie induite par ce virus, Adult T-cell leukemia, a été décrite initialement au Japon en 1977. Par la suite, les infections associées à ce virus se sont avérées très répandues sur les différents continents, notamment en Afrique et dans les Caraïbes. L’explication d’une telle distribution reposait sur l’hypothèse d’une diffusion à partir du continent africain par la traite des Noirs, ce qui expliquerait l’introduction du virus aux Caraïbes et en Amérique. Quant à la présence du virus au Japon, elle résulterait de l’arrivée dans l’archipel au XVIe siècle des conquistadors portugais, accompagnés d’animaux dont des singes africains réservoirs du virus.
Des travaux récents remettent cette hypothèse en question : H-C Li et son équipe eurent l’idée de rechercher la présence du virus HTLV-1 dans des momies de la Cordillère des Andes datant de plus de 1 500 ans. Non seulement ils purent montrer la présence de ce virus par les méthodes de PCR, mais ils établirent également que ce virus ancestral était identique au virus circulant au Japon et en Amérique du Sud. Ces résultats éliminaient à la fois la piste africaine et celle de l’introduction du virus HTLV-1 dans le Nouveau Monde par les conquêtes européennes des XVe-XVIe siècles. Bien sûr, ces résultats font actuellement l’objet de discussions passionnées.