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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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L'homme apprend à dompter les virus

Depuis 1993, la communauté scientifique se mobilise  |  De graves lacunes dans le développement de vaccins  |  La surveillance épidémiologique en milieu tropical reste insuffisante  |  Le travail des scientifiques reste fondamental  |  Faire accepter de nouvelles espèces vaccinales

Depuis 1993, la communauté scientifique se mobilise

Les résultats furent présentés par le docteur Jean Roux, directeur du centre Muraz, au cours d’un congrès international de la Société américaine de médecine et d’hygiène tropicale, qui se tint en 1983 à Calgary (Canada). Dans l’immense salle de l’hôtel Hilton, nous étions cinq à écouter le Dr Roux : deux coauteurs, l’un des vétérans de la fondation Rockefeller, le Dr Wilburn Down, et deux autres arbovirologistes américains. Autant dire que les informations recueillies au cours de cette épidémie passèrent tout à fait inaperçues.
En 1993, lors d’un nouveau congrès de cette même société, Paul Reiter (CDC) présenta l’épidémie de fièvre jaune qui venait d’avoir lieu au Kenya. Les données étaient limitées. L’équipe du CDC était arrivée sur le terrain après l’épidémie, le virus n’avait pas été isolé, le vecteur restait inconnu, seules quelques données sérologiques associées aux informations cliniques permettaient de conclure à une probable épidémie de fièvre jaune. La salle où Reiter faisait sa présentation fut prise d’assaut, l’audience se composait de plus de cent cinquante personnes. On y retrouvait les anciens arbovirologistes transformés en experts des maladies virales émergentes, de nombreux jeunes étudiants à l’affût d’un thème pour une bourse d’étude et, bien entendu, la presse américaine.
Entre les deux conférences de 1983 et 1993, le terme de maladies émergentes avait produit son effet séducteur.
Les congrès se succèdent sur le thème des maladies virales émergentes et la revue Emerging Infectious Diseases lui est consacrée. L’Organisation mondiale de la santé a mis en place un réseau coordonné à partir de Genève afin de mobiliser les ressources nécessaires en cas d’épidémie, comme cela vient d’être le cas pour l’épidémie de SRAS.
Toutefois, beaucoup reste à faire. Lors de la définition du concept de maladie virale émergente, la question posée au travers de la pandémie de sida était la suivante : aurions-nous pu prévenir cette pandémie ? D’autres pandémies sont-elles possibles ? Comment y faire face ?