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Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)

Ce dernier épisode de l’émergence d’un nouveau virus est riche d’enseignements. Le 12 mars 2003, l’OMS lance une alerte internationale sur « une forme grave et atypique de pneumonie au Viêt Nam, à Hong Kong et dans la province de Canton ». Le même jour, l’OMS organise un réseau de 11 laboratoires de virologie dans le monde en vue d’une collaboration pour l’isolement et la caractérisation de l’agent pathogène. Le 22 mars, le virus est isolé par inoculation à des cellules de singe (cellules vero) au CDC d’Atlanta : il s’agit d’un nouveau Coronavirus. Le 2 avril, l’OMS émet un avis de restriction de voyage et recommande de ne pas se rendre à Hong Kong ni dans le sud de la Chine. Il s’agit de la première restriction de cet ordre dans l’histoire des épidémies.

Cet ensemble de mesures traduit une réactivité exceptionnelle et permet en quelques semaines d’offrir les premiers outils de lutte contre ce redoutable virus qui aura fait plus de 8 000 victimes, dont 811 décès. Jamais, dans l’histoire de la virologie, des moyens aussi importants n’avaient été mis en place en si peu de temps pour caractériser un agent infectieux. Les méthodes modernes d’identification, et notamment la PCR, auront permis d’identifier et de caractériser un virus nouveau en quelques jours. Pourtant, le bilan n’est pas aussi simple : il faut d’abord rappeler que l’épidémie a pris naissance dans le sud de la Chine en novembre 2002. Il sera établi ultérieurement qu’entre le 16 novembre 2002 et le 9 février 2003, un total de 305 cas – dont cinq décès – d’une infection respiratoire aiguë se sont produits dans la province de Guandong. Le personnel médical représente un tiers des malades. Les autorités chinoises parlent alors d’une pneumonie sévère. Elles rejettent l’hypothèse d’une épidémie de grippe et annoncent avoir découvert chez les malades une bactérie du genre Chlamydia. Début février, des informations contradictoires circulent, notamment sur le réseau proMed, sur l’apparition d’une maladie mystérieuse mettant en émoi les ambassades et les consulats chargés de renseigner les voyageurs. À la suite de l’arrivée d’un malade dans un hôtel de Hong Kong, le 21 février, le virus et sa maladie vont diffuser à Hanoi, à Singapour, à Toronto.

C’est à l’Hôpital français d’Hanoi que le docteur Carlo Urbani de l’OMS attire l’attention sur une forme grave et atypique de pneumonie. Le Dr Urbani sera lui-même contaminé et décédera quelques jours après à Bangkok. À partir de ces foyers secondaires, le virus va s’amplifier en milieu hospitalier. Cette première phase de l’épidémie confirme la difficulté de détecter un virus au moment de son émergence dans un pays dont l’infrastructure médicale est peu développée. En revanche, une fois le virus introduit dans les pays industrialisés, son isolement et sa caractérisation ont été immédiats. Cette différence de réactivité confirme la nécessité d’amplifier la collaboration avec les pays insuffisamment équipés pour bénéficier des progrès des techniques de diagnostic. Enfin, il est important de constater que les pratiques hospitalières, qui se sont nettement améliorées depuis l’avènement du sida pour éviter les contaminations du personnel soignant, ont été inopérantes avec le SRAS. Le personnel hospitalier a payé un lourd tribut à ce nouveau virus. Autant de faiblesses dans nos structures de surveillance épidémiologique et médicale qui démontrent que la lutte contre une nouvelle virose est loin d’être gagnée.