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Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Les menaces

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L'encéphalopathie spongiforme bovine

L’épizootie d’encéphalopathie spongiforme des bovidés (ESB), communément appelée « maladie de la vache folle », a débuté au milieu des années 1980, au Royaume-Uni. L’ESB touche uniquement les animaux adultes (4 à 5 ans). Il a rapidement été établi que l’origine de l’infection était liée à la consommation de farines de viande et d’os, employée dans la nourriture du bétail comme supplément protéique. L’épizootie a débuté dans les années 1980-1981 lorsqu’une modification a été apportée au procédé de fabrication des farines. Pour des raisons économiques, il a été décidé de supprimer une étape d’extraction par un solvant organique suivie d’un chauffage. Afin de stopper la diffusion de l’infection, les autorités britanniques ont décidé en 1988 d’interdire l’utilisation des protéines animales dans l’alimentation du bétail. À ce jour, environ 220 000 cas de bétail infecté (dont plus de 90 % en Grande-Bretagne) ont été rapportés, avec un pic dans les années 1991-1994. L’incidence de la maladie décroît fortement depuis cette date. Le cheptel bovin européen est lui aussi touché. Des cas en nombre restreints ont également été rapportés en Suisse, en Belgique, au Portugal, en France, en Allemagne (quelques dizaines à quelques centaines de cas) ; en 2001, le premier cas a été rapporté au Japon, et en 2003 au Canada. L’ESB a modifié la perception des consommateurs en matière de qualité sanitaire des aliments.

En 1996, le gouvernement britannique a annoncé qu’une nouvelle forme probable de maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) avait été induite par le passage de l’ESB à l’homme. À la fin du mois de mars 2003, un total de 145 cas de nvMCJ ont été rapportés (Grande-Bretagne : 134 cas ; France : 6 cas ; Italie, Irlande : 1 cas et enfin deux citoyens anglais ont été dépistés aux États-Unis et à Hong Kong). Même si la diminution des cas au cours de ces deux dernières années renforce la confiance des experts – il se pourrait que le pic de l’épidémie humaine soit passé –, la prudence s’impose.
L’histoire mouvementée des prions s’avère d’un grand intérêt. À l’origine de maladies rares intéressant d’abord la pathologie vétérinaire, puis d’une maladie humaine à transmission exceptionnelle (kuru), ils sont devenus une source majeure d’inquiétude pour les autorités nationales de santé. Sensibilisées d’abord par la contamination iatrogène – et notamment l’hormone de croissance – elles se trouvent à ce jour confrontées à l’étrange apparition de l’ESB et à son éventuelle transmission à l’homme.

Il faut revenir aux années 1980 pour comprendre les conditions dans lesquelles les erreurs ont été commises, quand on a sous-estimé le risque de transmission de virus par les produits biologiques. Erreurs qui ont conduit à l’affaire du sang contaminé ou à celle de l’hormone de croissance. Comme le signale le professeur Florian Horaud (Institut Pasteur) : « Une recherche minutieuse dans la littérature médicale antérieure à 1985 ne permet pas de trouver d’indication sur un éventuel risque de transmission de maladie de Creutzfeldt-Jakob par l’hormone de croissance dérivée d’hypophyses prélevées de cadavres ». C’est la même erreur de sous-estimation du risque de transmission des virus qui est commise lors d’un congrès international sur l’emploi des lignées cellulaires pour la production des vaccins en 1984. À cette époque, l’accent est mis principalement sur le risque d’induction de tumeur par l’ADN contenu dans les cellules qui servent de support à la production des produits biologiques, et notamment des vaccins. Comme le résume à cette époque John Petricciani : « Le rôle des virus dans la contamination des vaccins est connu depuis longtemps – contamination avec le SV40, hépatite B, leucose aviaire – et il y a un sentiment général que ce problème est parfaitement contrôlé. » Quinze ans après, le bilan est lourd concernant la transmission des virus par les produits biologiques. En revanche, l’ADN semble sous contrôle : le risque d’induction de tumeur par l’ADN ne semble plus être une préoccupation majeure des autorités de santé. Tirant un bilan sur quarante ans du risque de transmission des agents infectieux par les produits biologiques, Petricciani conclut ainsi son exposé en 1991 : « Peut-être la principale leçon, c’est que nous devons nous préparer à d’autres surprises, et ne pas croire que nous avons réponse à tout ».
Quelle sera la prochaine surprise du troisième millénaire ?