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De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

Abidjan

Capitale administrative et économique  |  Un port en eau profonde  |  Abidjan n'existait pas au début du XXe siècle  |  Une mutation urbaine tous les vingt ans  |  Un habitat sur cour majoritaire  |  La tentation du tout-Etat  |  Un habitat précaire éclaté  |  Du tout-Etat à la privatisation  |  Une stratification socio-spatiale très lisible

La tentation du tout-Etat

Amorcée avant l'Indépendance (1960), l'expérience de l'habitat social fut la grande affaire du président Houphouet-Boigny, qui y voyait le moyen de moderniser radicalement le tissu résidentiel populaire. Dans les premières années de son règne, il avait fait le serment d'éradiquer tous les taudis de sa capitale. Cette ambition participait de l'utopie d'une maîtrise générale, par l'Etat, de tout le processus urbain.
Les 60 000 logements "économiques" réalisés de 1960 à 1980 (la plupart exploités en location simple) constituent une masse considérable pour une ville qui, en 1960, comptait moins de 200 000 habitants, mais cependant insuffisante pour le million d'habitants de 1975 et pour les deux millions des années 1980. A l'apogée du programme, les réalisations accumulées représentaient à peine 20 % du parc de logements d'Abidjan. Puis le système s'effondra, tandis que le pays s'enfonçait dans une crise économique profonde.
En soi, le bilan est loin d'être négatif. Si l'on est loin des ambitions affichées pour le long terme, cet épisode d'histoire urbaine fut, dans le moyen terme, une sorte de success story. Il contribua à sortir la ville africaine des images, pertinentes ou non, de village proto-urbain.
Cependant, le passif est également très lourd. Par son poids financier et idéologique, ce programme de promotion immobilière détourna l'Etat de toutes les autres dynamiques d'habitat populaire. Les anciens quartiers, voués à l'habitat sur cour, furent négligés en dépit de leur potentiel évolutif. Et les lotissements irréguliers, nés d'une rencontre d'intérêt entre les propriétaires coutumiers de la terre et les petits investisseurs citadins, furent systématiquement contrés. Abobo, notamment, connut cruellement la politique du bulldozer.