IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

Guatemala ciudad

Une agglomération métropolitaine éclatée  |  Deux recensements très approximatifs  |  L'accroissement des migrations  |  Un Nord montagneux dépeuplé, un bassin originel saturé  |  Migration des couches aisées vers le Sud  |  Un habitat populaire insuffisant  |  Une succession de régimes autoritaires  |  Opacité des procédures administratives

L'accroissement des migrations

Les années 1945-50 constituent une période charnière dans l'histoire métropolitaine et nationale. La fin du contrôle autoritaire de la main-d'œuvre paysanne et la modernisation progressive de l'agriculture d'exportation vont entraîner à terme l'accroissement des migrations définitives depuis les campagnes. Celles-ci sont stimulées à partir de 1945 par la vigueur de l'accroissement démographique dont le taux moyen annuel oscille autour de 2,8 % entre 1945 et 1960, puis autour de 3 % à partir de 1960 jusqu'à aujourd'hui. Les principaux foyers de population rurale se situent dans les montagnes de l'ouest guatémaltèque peuplées de paysans indiens minifundistes. Durant les décennies 1950 et 1960, les flux migratoires ne sont cependant pas orientés exclusivement vers la capitale. Les migrants vers la capitale viennent des petites villes intermédiaires et des campagnes proches dans un rayon d'environ 80 km. Des flux importants de migrants ruraux sont orientés vers les plantations de la plaine littorale pacifique en pleine expansion, notamment pour la culture du coton.

Une population paysanne pléthorique et mouvante

Durant les années 1970, ces derniers flux tendent à diminuer en raison de la modernisation agricole et de la baisse de l'offre de travail permanent qui en résulte. D'autre part, on assiste à l'éviction des colons qui disposaient d'une parcelle de terre en usufruit sur le territoire des plantations en échange de prestations en travail pour le propriétaire terrien. La population paysanne devient pléthorique au regard des fortes limitations de l'accès à la terre et de l'offre de travail agricole. La capitale, où se manifeste un début d'industrialisation, devient la principale bénéficiaire de l'exode rural. Les migrants s'installent désormais en majorité (plus de 70 %) dans les municipes de l'agglomération . Le tremblement de terre de 1976 entraîne un afflux de plus de trente mille personnes chassées par les destructions ayant affecté les départements voisins.
La guerre civile des années 1980 et la politique de la terre brûlée pratiquée par l'armée guatémaltèque ont affecté considérablement les schémas migratoires. De nombreux déplacements de population paysanne se sont produits vers les forêts du nord du pays ainsi que vers les régions frontalières du Mexique. On estime que la moitié des migrants et des personnes déplacées s'est dirigée vers l'aire métropolitaine, tandis qu'un quart s'est installé aux Etats-Unis, notamment à Los Angeles.
La présence des migrants ruraux dans la ville est particulièrement visible dans la progression de l'habitat précaire sur les versants des ravins et en bordure des grandes routes d'accès à la capitale. Chaque nuit apporte son lot de nouvelles installations édifiées à la hâte. Ailleurs, dans les quartiers populaires du noyau ancien ou des municipes périphériques, on les retrouve dans l'habitat locatif aux côtés de citadins plus anciens qui recherchent la décohabitation.