IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

Johannesburg

Une tête de pont pour les investisseurs étrangers  |  Plus de trois millions d'habitants  |  Une population noire majoritaire  |  Un pôle d'attraction majeur pour les migrants  |  De vastes zones-dortoirs  |  Des statuts d'occupation du logement en mutation  |  Une volonté de "réintégrer la ville"

Une population noire majoritaire

Les statistiques de la population métropolitaine et de son évolution sont difficiles à fournir, non seulement parce qu'elles sont sujettes à caution (manipulations politiques, sous-évaluation des populations noires "illégales" sous l'apartheid, informelles aujourd'hui), mais aussi à cause des changements répétés de frontières administratives (autant à la suite de réforme du gouvernement local qu'à cause de l'intégration des espaces périurbains dans les frontières de la ville).
La Deuxième Guerre Mondiale s'est accompagnée d'une très forte croissance urbaine, poursuivie dans les années 1950 (à la suite de laquelle les Noirs sont devenus majoritaires à Johannesburg). Malgré la limitation autoritaire de l'urbanisation des Noirs, la ville a continué à croître de façon accélérée dans la deuxième moitié des années 1980. L'expansion spatiale de la ville se marque surtout depuis l'adoption par le gouvernement d'apartheid d'une politique dite d' "urbanisation ordonnée" (1986), signant sa résignation au mouvement d'urbanisation des Noirs, et qui a sans doute moins provoqué un accroissement de l'exode rural que le desserrement du tissu résidentiel localement très dense des townships. Le taux de croissance urbaine est estimé à +3,4 % par an, dont +2,4 % seraient dus à l'accroissement naturel, et +1 % par an à l'accroissement migratoire.
Formes moins visibles dans l'immédiat mais plus significatives, le transfert des logements locatifs publics à leurs occupants, la légalisation et la consolidation les bidonvilles sur place lorsque c'est possible (c'est-à-dire lorsqu'il s'agit d'un terrain public non convoité...) sont les éléments principaux des politiques urbaines post-apartheid. On peut citer l'exemple de Devland, à Soweto, où le bidonville né en 1995 est progressivement électrifié, et le transfert des sites aux occupants est organisé. La plupart du temps cependant, les squatters sont déplacés (selon la loi, l'éviction n'est pas possible sans relogement), vers Orange Farm et Weilers Farm au sud, Diepsloot au nord : espaces situés à 40 km du centre, sommairement équipés sous le régime d'apartheid.
La consolidation de la structure ségrégée de la ville se pérennise donc dans ses développements récents, s'organisant autour d'une forte ségrégation sociale à figure encore ethnico-raciale.