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De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

Moscou

Une explosion commerciale  |  Près de 9 millions d'habitants  |  Une population "flottante"  |  8 400 habitants au km2  |  Vers une nouvelle répartition ethnique  |  Prédominance de l'habitat collectif vertical  |  Un pouvoir municipal fort

Une explosion commerciale

Personne ne semble connaître le poids de Moscou dans le PIB national. En revanche, on cite souvent les deux chiffres suivants : 80 % du chiffre d'affaire des banques et assurances serait réalisé à Moscou, qui bénéficierait en outre des deux tiers des investissements étrangers effectués dans toute la Russie. On peut étayer ces chiffres par un troisième : la part de Moscou dans le trafic aérien du pays avoisine également les 80 %.
Il est cependant malaisé de distinguer, dans ces chiffres, ce qui revient à la fonction de place centrale et ce qui correspond à l'économie réelle du territoire moscovite. On est partagé entre le constat d'une économie mondiale qui se serait coulée dans le moule hyper centralisé de la tradition soviétique, et les nombreux indices qui font soupçonner une insularité grandissante de l'économie moscovite. La violente crise financière de l'été 1998 a révélé une relative indifférence — en tout cas une certaine inertie — des économies régionales face aux convulsions du centre. Les banques locales ont résisté, tandis que les succursales des banques de Moscou mettaient la clé sous la porte.
Sur le terrain moscovite proprement dit, l'économie nouvelle est surtout une économie distributive des grandes marques internationales, mais aussi des importations alimentaires ou manufacturées du sud (Caucase, Turquie, Asie centrale). On peut parler d'une explosion commerciale, qui s'exprime non seulement au centre de la ville, mais aussi, à présent, au plus profond du tissu résidentiel.
La reprise du secteur industriel, autrefois considérable (textile, constructions mécaniques, automobiles, sidérurgie dans la ville satellite d'Electrostal, ordinateurs dans la silicon valley de Zélénograd, etc.), mais devenu obsolète à l'épreuve de l'ouverture, est lente. Les partenaires ou repreneurs occidentaux restent circonspects. Usines fermées ou tournant au ralenti. Les observateurs les plus optimistes parlent d'une chute de production de 50 %, les plus pessimistes avancent le chiffre de 80 %. C'est l'industrie légère qui a le plus souffert de la concurrence extérieure.
Reste le fonctionnement des grands services. C'est sans aucun doute, dans le legs du système soviétique, ce qui a conservé le plus de stabilité. Les transports urbains (et singulièrement le métro), la distribution de l'eau et de l'énergie (électricité, gaz de ville, carburant automobile), le chauffage urbain généralisé et peu onéreux (contribution forfaitaire), voire le téléphone (communications intra-urbaines gratuites), fonctionnent correctement. L'école publique et la santé publique aussi, si l'on fait abstraction du grand délabrement de l'équipement et du niveau misérable des salaires. Pour les mieux nantis, ces faiblesses sont en partie corrigées (comme dans le service des postes ou la communication internationale) par une privatisation haut de gamme ou prétendant l'être.