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Les sols, des milieux vivants très fragiles

Nutrition, sécurité alimentaire dans le Sahel

La diversité alimentaire chez les femmes en âge de procréer  |  Relations entre la qualité de l'alimentation du jeune enfant et son état nutritionnel  |  Vulnérabilité des ménages en milieu urbain

Relations entre la qualité de l’alimentation du jeune enfant
et son état nutritionnel

Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément sont déterminantes pour le bon état nutritionnel du jeune enfant qui, en fonction de son âge, nécessite de couvrir des besoins nutritionnels spécifiques pour assurer une croissance harmonieuse. Il s’agit d’un thème développé au Burkina Faso mais aussi à Madagascar et au Bénin, à partir d’études de cohorte. L’IRD s’est penché notamment sur la construction d’indices synthétiques pour traduire la qualité globale de l’alimentation du jeune enfant et a étudié les relations de ces indices avec la croissance et la morbidité des enfants.
Une première étape a consisté en l’analyse des données transversales recueillies dans la province de la Gnagna au Burkina Faso, sur un vaste échantillon d’enfants de 6-35 mois. Un « Indice de l’Alimentation du Jeune Enfant » (IAJE) a été construit et il s’est avéré positivement lié à la croissance des enfants de 6 à11 et de 12 à 23 mois, mais négativement à celle des enfants de 24 à 35 mois. Parmi les composantes de l’IAJE, les relations positives avec la croissance étaient supportées notamment par l’indice de diversité alimentaire, ainsi que par la fréquence des repas. L’association négative entre IAJE et croissance, pour les enfants plus âgés, était pour sa part liée à la persistance de l’allaitement maternel, rejoignant ainsi une hypothèse de causalité inverse déjà soulevée dans la littérature.
Pour approfondir ces premiers résultats, une cohorte de 114 enfants a été suivie à partir de l’âge de 6 mois, à intervalles de 3 mois jusqu’à l’âge de 18 mois, puis une dernière fois à 24 mois. A chaque visite, un relevé détaillé des pratiques alimentaires a été effectué, ainsi que des mesures anthropométriques, une mesure quantitative des ingérés et un relevé de morbidité. L’introduction des premiers aliments de complément était très tardive et les bouillies étaient de qualité médiocre (dans 2 cas sur 3 elles ne contenaient qu’une céréale et de l’eau). Pour 10 % des enfants le plat familial constituait le seul type d’aliment de complément sur toute la période de suivi. Sur l’ensemble du suivi, la qualité des aliments était marquée par une contribution très faible des lipides à l’énergie totale (<15%). A 9 mois, les taux moyens de couverture des apports attendus étaient très faibles (<34%, quel que soit le nutriment considéré). Ils augmentaient avec l’âge, pour tous les nutriments, mais même à 24 mois restaient très insuffisants, notamment pour l’énergie, le calcium et le zinc. Ces résultats permettent de conclure sur la nécessité d’une supplémentation en macro et micronutriments. Enfin, l’IRD a analysé les liens entre le statut nutritionnel des enfants et la morbidité relevée à chaque visite à l’aide d’un score synthétique de morbidité prenant en compte la durée et l’effet des pathologies courantes sur l’appétit. Les résultats montraient l’impact de la morbidité liée aux pathologies courantes sur la corpulence des enfants, quelle que soit la façon d’exprimer cette morbidité, tandis que l’effet sur la croissance des enfants était plus modeste et plus difficile à mettre en évidence.

jeune enfant burkinabé