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Le surpoids chez l'enfant en France  |  Le paradoxe méditerranéen des migrants

Le paradoxe méditerranéen des migrants

L’étude de l’état de santé des immigrés, au-delà de l’intérêt pour la santé publique, permet aussi de formuler des hypothèses sur les rôles respectifs des facteurs environnementaux et biologiques dans le développement des maladies chroniques. Immigrer influence la consommation alimentaire et les modes de vie, modifiant ainsi le risque de maladies chroniques qui y sont associées.
Dans la plupart des pays hôtes, les migrants ont des taux de mortalité et morbidité pour les maladies non transmissibles liées à l’alimentation (MNTA) plus élevés que ceux de la population du pays hôte, mais aussi que ceux de la population de leur pays d’origine.
Ce n’est cependant pas le cas des immigrés d’origine méditerranéenne vivant en Europe, une exception appelée « le paradoxe méditerranéen des migrants ».
En effet, les hommes immigrés d’origine méditerranéenne vivant en France ont des taux de mortalité et de morbidité pour les maladies non transmissibles liées à l’alimentation (MNTA) plus faibles que la population née en France.

L’origine de ce paradoxe
Cette étude s’intéresse à l’origine de ce paradoxe méditerranéen des migrants et notamment à l’aspect « modes de vie » dans l’apparition des MNTA chez les immigrés tunisiens.
Une étude de cohorte rétrospective a été réalisée chez des hommes migrants tunisiens vivant en Languedoc Roussillon comparés aux Français nés en France et aux Tunisiens vivant en Tunisie. Différents facteurs de risque (niveau socio-économique, modes de vie, alimentation) ont été testés comme facteurs médiateurs de l’effet de la migration sur le surpoids et la morbidité. L’influence de l’acculturation et de l’exposition à la culture tunisienne sur l’alimentation et l’activité physique a aussi été évaluée.
Les immigrés tunisiens ont un meilleur état de santé que les Français et Tunisiens non migrants. Cette étude, achevée début 2008, confirme donc l’existence d’un paradoxe méditerranéen des migrants en France. D’une part des facteurs culturels tels que la faible consommation d’alcool chez les immigrés tunisiens explique les différences de prévalences de surpoids entre migrants et Français.. De plus, la conservation d’un régime alimentaire plus sain à travers une meilleure adéquation, des consommations de fruits et légumes, de fibres et de vitamine C  plus importantes semblent suffisantes pour garantir une protection contre l’hypertension et l’hypercholestérolémie chez les migrants, comparés à leurs homologues français.
D’autre part, des facteurs environnementaux (mode de vie plus actif, tabagisme moins prévalent) peuvent en partie expliquer le meilleur état de santé des migrants, comparés aux Tunisiens non migrants. Même si l’acculturation conduit à une convergence des modes de vie vers ceux de la population hôte, l’exposition maintenue à la culture tunisienne permet la conservation d’aspects positifs du régime traditionnel tunisien plus favorable à la santé.

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