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De la plante au médicament

L'exploration de la biodiversité passe par la valorisation des médecines traditionnelles et par des techniques de triage automatisé sélectionnant de nouvelles substances naturelles pour des applications médicales.

De la plante au médicament :
Une passerelle entre tradition et science

Marché aux plantes médicinales à Tepotzlan

Une passerelle entre tradition et science  |  Plantes médicinales et médicaments
Criblage de la biodiversité

La recherche de traitement des maladies débute chez les primates comme le chimpanzé qui s’alimente avec une plante aux principes amers du genre Vernonia (Asteraceae) pour se débarrasser des vers intestinaux qui gonflent son estomac. Cette plante ne fait pas partie de son régime alimentaire lorsqu’il n’est pas malade.
Depuis, l’homme, par un apprentissage fait sans doute de beaucoup d’échecs et de quelques réussites, a expérimenté sur lui-même des remèdes tirés du monde végétal et parfois du monde animal. Certains de ces remèdes sont devenus des classiques de la pharmacopée moderne. Nous citerons le principal remède contre la douleur, la morphine extraite du pavot (Papaver somniferum, Papaveraceae) et celui contre le paludisme, la quinine extraite des quinquinas (Cinchona spp, Rubiaceae). Ces succès ont autorisé des recherches au XXe siècle sur les substances naturelles qui ont abouti à partir de plantes médicinales ou vénéneuses à l’isolement de deux grandes classes d’anticancéreux, les alcaloïdes bi-indoliques comme la vinblastine isolée de la Pervenche de Madagascar (Catharanthus roseus, Apocynaceae) et le taxol isolé des ifs (Taxus spp, Taxaceae) ou une nouvelle classe d’antipaludiques, les dérivés de l’artémisinine (cf. J. Bruneton).
Leurs structures chimiques ont servi également de modèles à la synthèse de dérivés moins toxiques et parfois plus puissants comme le taxotère et la navelbine (cf. Sévenet). Cette opération d’amélioration des performances des produits par la synthèse appelée chimie médicinale nécessite des aller-retour permanents entre les laboratoires de chimie et ceux de pharmacologie.
Deux grandes voies d’exploration pharmacologique de la biodiversité ont été utilisées pour aboutir à ses résultats :

Ces deux approches nécessitent de la même manière une confirmation de l’intérêt médicinal de la préparation testée. Cela passe par des modèles biologiques qui miment autant que possible la maladie humaine ou des mécanismes de mise en place ou de fonctionnement de cette maladie.