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Les sols, des milieux vivants très fragiles

La diversité des sols

Les recherches de l'IRD et de ses partenaires

Diversité du sol dans le paysage
L'exemple de Benfica, en Amazonie orientale

L’IRD et ses partenaires ont étudié la diversité du sol dans le paysage dans le but d’analyser son influence sur la distribution spatiale des espèces de plantes et de faune du sol. Les scientifiques se sont limités à une approche morphologique du sol pour décrire sa variation le long de toposéquences. Ils n’ont donc pas mis en œuvre tous les outils dont dispose le pédologue au laboratoire - pour des analyses minéralogiques et géochimiques - l’objectif n’étant pas d’étudier la pédogenèse.

Le paysage de la localité de Benfica
Ce paysage est constitué de collines allongées d’extension kilométrique et de quelques dizaines de mètres de dénivelée ; ce paysage est typique des formations géologiques anciennes (Paléoprotérozoïque) des boucliers brésiliens et guyanais. La différenciation de la couverture pédologique depend de la nature de la roche-mère. Deux roches magmatiques distinctes y ont été mises en évidence : une granodiorite et un monzogranite, la seconde étant associée à un paysage généralement plus accidenté (pentes plus fortes, vallées plus étroites).
Sur monzogranite, cette étude met en évidence l’amincissement progressif du sol, de l’amont vers l’aval, avec le rapprochement de la surface des matériaux d’altération de la roche-mère (altérites) peu à pas structurés et donc peu perméables, ainsi que le développement de l'hydromorphie à la faveur de pentes faibles, dans les bas-fonds et sur des replats (figure 1). On observe ainsi le passage classique en Amazonie, sur les formations des boucliers brésiliens et guyanais, de ferralsols à des cambisols, puis à des sols hydromorphes (gleysols). Les ferralsols argileux dominent les paysages, mais leur épaisseur varie de 3 à 1 m ; leur couleur passe de brun vif à brun jaunâtre, voire brun grisâtre, traduisant un changement de régime hydrique, plus précisément un drainage vertical de l’eau déficient lorsque le sol s’amincit et que la pente est faible. Sur granodiorite, les sols sont plus variés (figure 2) : on observe en particulier une plus grande extension des sols sableux, dont le degré d’hydromorphie augmente dans les parties les plus basses du relief ; en outre, les versants longs à pentes faibles sont dépourvus de cambisols et présentent par contre des ferralsols très profonds à mi-versant, sans doute parce que les conditions de formation, de développement, de ces sols y sont plus favorables.

La profondeur du sol et le degré d’hydromorphie sont deux critères essentiels qui déterminent les conditions de l’exploration du sol par les racines, de drainage de l’eau excédentaire et de rétention de l’eau utilisable par les plantes. L’épaisseur du sol et sa couleur ont donc été les deux premiers critères, d’accès facile sur le terrain, retenus pour tester l’influence du sol sur la biodiversité.

granodiorite (schéma)
monzogranite (schéma)