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Une extraordinaire diversité taxonomique  |  Le rôle des vers de terre

Le rôle des vers de terre
Les vers de terre, depuis longtemps, sont connus pour leur rôle joué sur la structure du sol et la dynamique de la matière organique. Le célèbre Charles Darwin, père de l’évolution, a publié son dernier ouvrage en 1881. Il s’agit d’un ouvrage sur les vers de terre, où l’auteur montre que ces animaux sont responsables de la formation des sols (en mélangeant matière organique et matière minérale), de la libération d’azote pour les plantes, de l’enfouissement et de la protection des vestiges archéologiques. Ce travail approfondi sur ces animaux a réellement été à la base des travaux futurs sur l’écologie des sols et sur le rôle des organismes dans le fonctionnement des sols. Depuis Darwin, les vers de terre ont été l’objet d’un nombre très important d’études (sûrement l’un des animaux les plus étudiés) que ce soit dans les milieux tempérés ou tropicaux.
Dans les zones tempérées, les peuplements sont dominés par les vers de terre anéciques qui construisent des galeries verticales à sub-verticales. Ces galeries ont un rôle particulièrement important dans les flux de gaz et d’eau entre le sol et l’atmosphère.
Dans les zones tropicales, ce sont les vers de terre endogés qui dominent les peuplements. Ces organismes sont capables d’ingérer de grandes quantités de terre. Ainsi, un individu peut consommer jusqu’à 35 fois son propre poids de terre (Lavelle, 1978). Les quantités ingérées annuellement par un peuplement sont alors impressionnantes : jusqu’à 2600 tonnes de terre par hectare et par an pour la valeur la plus élevée, ce qui est l’équivalent d’une couche de terre de 20 cm qui passerait chaque année dans le tube digestif des animaux (Blanchart et al., 1999). Ces vers de terre sont donc en grande partie responsables de la formation et du maintien de la structure observée dans les sols de différents écosystèmes (Blanchart, 1992). De plus, des recherches ont pu montrer que les vers de terre avaient différents effets sur la structure du sol.
Certaines espèces augmentent la densité apparente des sols, on les appelle des « compactants », alors que d’autres diminuent cette densité apparente, on les appelle des « décompactants » (Blanchart et al., 1997). L’effet sur la structure du sol dépend également des propriétés inhérentes aux sols (texture, minéralogie). Par exemple, les vers de terre peuvent modifier la structure des sols ferrallitiques tropicaux, mais ne vont pas affecter la structure d’autres sols comme les vertisols (Blanchart et al., 2004a). Les conséquences de l’action des vers de terre sur le fonctionnement du sol sont alors très variables, notamment vis-à-vis de l’érosion (Blanchart et al., 2004a).

Turricule formé par Amynthas Khami