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Les sols, des milieux vivants très fragiles

Les sols sont fragiles

Les recherches de l'IRD et de ses partenaires

Salinisation et sodisation des sols

Salinité et sodicité des terres marginales  |  Salinité et déforestation, l’exemple de la Thaïlande  |  Salinité et sodicité des terres irriguées 

Salinité et sodicité des terres marginales
Les terres marginales sont des zones où le sol est impropre aux grandes cultures. De forts contenus en sel ou en sodium échangeable du sol peuvent empêcher cette mise en culture et s’ajouter à la contrainte d’exploitation que constitue l’aridité sous des climats arides ou semi-arides. Le sel qu’on trouve à l’intérieur des continents provient des évaporites : des couches sédimentaires constituées par de grandes épaisseurs de sels accumulées lors des transgressions marines au cours de l’histoire géologique. Les zones de sols salés naturels se trouvent principalement dans les points bas de bassins endoréiques aride ou semi-arides appelés playa, laguna, chott ou sebkra, comme au Mexique, au Chili, sur la plaque Arabique et en Asie. Indépendamment du climat, les sols côtiers subissent également une salinité issue du contact avec les eaux saumâtres des deltas, ou des lagunes côtières, ou par le biais des marées et des embruns. Au total, les surfaces concernées seraient de l’ordre de 830-930 millions d’hectares.
351 millions d’hectares de terres sont définies comme « saline » (salées, salines), car une fois le sol saturé d’eau, leur solution présente des conductivités électriques supérieures à 4 dS m-1 ce qui correspond au seuil de concentration en solutés au delà duquel la plupart des espèces végétales non résistantes au sel ne peuvent pas se développer. Les sols salés favorisent le développement d’une végétation naturelle spécifique : les halophytes (2% des espèces végétales connues seraient halophytes) il s’agit par exemple des palétuviers qui forment les mangroves côtières des pays tropicaux, des salicornes des prés salés de la Méditerranée ou de l’Atlantique.
581 millions d’hectares de terres présenteraient un  caractère « sodic » (sodique) déterminé par une proportion élevée d’ions sodium fixée sur la phase échangeable des argiles (>15%), ce qui implique des qualités physiques défavorables à la culture. Leur formation provient d’anciens sols salés qui ont été lessivés, ou bien du produit de transformation d’une roche mère à minéraux silicatés sodiques dominants, voire du lessivage par des eaux de pluies à teneur en sodium dominante.
Milieux fragiles, support d’une biodiversité souvent endémique, les sols naturellement salés ou sodiques sont très sensibles à toute mise en culture1 ou introduction de l’irrigation. Le changement climatique en cours aura très certainement une influence sur leur distribution, particulièrement pour les sols côtiers du fait de la montée du niveau océanique. 

Sol dégradé par la salinité en Thaïlande
Efflorescences salines en Tunisie