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Les sols, des milieux vivants très fragiles

Les sols sont fragiles

Les recherches de l'IRD et de ses partenaires

Salinisation et sodisation des sols

Salinité et sodicité des terres marginales  |  Salinité et déforestation, l’exemple de la Thaïlande  |  Salinité et sodicité des terres irriguées 

Salinité et sodicité des terres irriguées
L’irrigation est une pratique en pleine extension : environ 8,1 millions d'hectares étaient irrigués en 1800, 41 millions en 1900, 105 millions en 1950 et plus de 222 millions d'hectares aujourd'hui. Cette pratique, en offrant des rendements accrus et la possibilité de plusieurs récoltes par an, permet d’assurer 40 % de la production vivrière mondiale1. Mais plusieurs menaces planent sur ce succès, en effet, 21 % des terres irriguées souffrent d’engorgement, de salinité et/ou d’alcalinisation qui réduisent leurs rendements. De même, 1 à 2 % des surfaces irriguées sont perdues chaque année du fait de ces deux derniers fléaux, enfin des ressources en eau limitées réduisent leurs possibilités de développement.
Le processus de salinisation est dû à la mauvaise combinaison d’une forte évaporation et d’un apport inadapté d’eau d’irrigation en relation avec son contenu en sels dissous. Plus l’aridité est forte, plus l’irrigation est incontournable à la culture et plus son usage est risqué. 
• Si les apports sont réduits par rapport à une forte évaporation, toute l’eau d’apport sera évaporée et les sels dissous s’accumulent irrémédiablement en surface du sol. Des techniques de goutte-à-goutte permettent cependant de jouer sur la répartition de la salinité qui se distribue en auréole autour du point d’apport, en préservant la zone proche du système racinaire de la plante.
• Si les apports d’eau d’irrigation sont en excès par rapport à l’évaporation et que ces excès ne s’évacuent pas suffisamment, le niveau des eaux souterraines s’approche alors de la surface. Il menace à son tour, pendant les périodes ou l’irrigation est inactive, de contribuer par évaporation à la salinité de la surface. Enfin, même si les excès s’évacuent en aval, ils constituent des sources potentielles de contamination salines pour les systèmes d’irrigation en contrebas. Car si l’eau d’irrigation contient trop de sel en solution, son usage pour la culture de plantes non-halophyte est impossible.

Les processus de sodification et d’alcanisation peuvent se produire dans les zones irriguées sans faire intervenir des solutions très chargées en solutés. La détérioration des perméabilités du fait de la sodification rend difficile la désalinisation des parcelles par lessivage des sels. De même, une eau d’irrigation, avec un facies bicarbonaté sodique peut rendre un sol sodique et  augmenter son pH.
Mis à part, le contre exemple camarguais, la France dispose de peu de secteurs irrigués où la  salinisation et/ou l’alcalinisation des sols menacent la production agricole. En revanche, les pays du sud de la Méditerranée présentent de larges surfaces irriguées qui sont affectées : soit des zones côtières comme la basse vallée du Nil, soit encore dans les terres, comme au Maroc ou en Tunisie. Ces pays sont demandeurs d’un renforcement de ces recherches.

rizières du Nord-Est de la Thaïlande
Technique de goutte-à-goutte