IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

Les sols, des milieux vivants très fragiles

Mieux connaître les sols

Les recherches de l'IRD et de ses partenaires

L'Amazonie brésilienne
et son exceptionnelle richesse biologique

Importance de l’agriculture familiale
Si les préoccupations environnementalistes ne sont pas absentes au Brésil, elles sont renforcées par la reconnaissance dans les années 1990 de l’importance sociale et économique de l’agriculture familiale, qui se traduit par la mise en place de politiques publiques : régularisations foncières, accès au crédit, financement d’infrastructures et de services, assistance technique, etc. L’enjeu de ces politiques est la reproduction sur place des exploitations agricoles familiales. C’est une condition nécessaire au ralentissement de la déforestation et à la conservation de la biodiversité. Ce dernier objectif ne doit pas se limiter à la mise en réserve d’îlots d’écosystèmes forestiers. Il doit aussi être recherché dans les écosystèmes transformés par les activités humaines, car l’extrême simplification des paysages que l’on observe en arrière des fronts pionniers s’accompagne d’une forte diminution de la biodiversité, génératrice de dégradations des services écosystémiques (notamment la régulation des cycles biogéochimiques : de l’eau, du carbone entre autres éléments, mais aussi les productions de bois, d’aliments etc.). Il convient donc de promouvoir des modes de gestion des milieux qui valorisent durablement leurs ressources et fonctions, et assurent des conditions de vie satisfaisantes aux populations.
Ces recherches abordent les deux objectifs de conservation de la biodiversité et de promotion de modes de gestion durable des milieux amazoniens, avec la conviction qu’ils sont indissociables et ne peuvent être atteints indépendamment. Elles se fondent en particulier sur l’hypothèse que le maintien d’une activité biologique diverse et intense dans le sol est un facteur de durabilité des agrosystèmes.

Une recherche pluridisciplinaire
Dans un premier programme, notre objectif général était de mieux comprendre les interactions entre la biodiversité, qu’elle soit épigée (végétation) ou endogée (faune et microflore), et le fonctionnement du sol. De 2002 à 2006 la recherche a été réalisée dans une localité d’agriculture familiale située à 100 km à l’Ouest de Marabá : « Benfica » (5°16' S ; 49°50' W), qui regroupait en 2003, sur 6000 hectares, 135 familles sur des lots d’une cinquantaine d’hectares. Un grand nombre de chercheurs de l’IRD de diverses disciplines, y compris de sciences humaines, y ont travaillé avec leurs étudiants. Pour en finir avec certaines controverses, notre volonté a été d’amener sur le même terrain divers spécialistes pour qu’ils confrontent leurs analyses.
Depuis 2007, dans le cadre des programmes AMAZ, dirigés par Patrick Lavelle, à la suite des travaux engagés dans le cadre de la Zone Atelier Amazonie (CNRS) résolument interdisciplinaire, nous cherchons à combler les lacunes dans nos connaissances, soulignées par de récentes publications (Mattison et Norris, 2005), par la mise au point d’indicateurs, et par l’exploration statistique et la modélisation des relations entre les déterminants socio-économiques — sur lesquels peuvent agir les politiques publiques —, la composition et la structure du paysage, la biodiversité et les autres services écosystémiques. Nous comparons trois localités au Brésil et trois localités en Colombie.

Distribution en touffes de la graminée Brachiaria brizantha