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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Les lacs volcaniques meurtriers du Nord-Cameroun

Une ligne volcanique de 2 000 km de long  |  D'autres lacs inquiétants

Une ligne volcanique de 2 000 km de long

La ligne volcanique du Cameroun est une vaste structure de plus de 2 000 km de longueur, reliant l'île Pagalu dans le Golfe de Guinée au Lac Tchad. Dans le nord-Cameroun, le plateau de l'Adamaoua représente un compartiment surélevé et une bifurcation vers l'Est de cet alignement, à la jonction entre la zone de fractures cisaillantes de Foumban, et celle d'Afrique Centrale.
Dans cette région, une anomalie gravimétrique négative de grande longueur d'onde traduit l'existence en profondeur d'un corps de faible densité et probablement chaud. Une remontée du manteau à l'aplomb de l'Adamaoua, suggérée dès 1986 par des données pétrologiques et de faibles vitesses des ondes P, est responsable de l'amincissement de la croûte et de l'élévation de ce plateau vers 1100 m d'altitude moyenne. L'ensemble des études de gravimétrie et de sismologie réalisées dans la région au cours des vingt dernières années permet de situer le Moho à seulement 20-24 km sous cette ligne volcanique pour une lithosphère de 80 à 100 km d'épaisseur, amincie d'environ 40 km par rapport à celle des zones environnantes.
Les plus anciennes manifestations volcaniques connues dans l'Adamaoua remontent au Miocène. Des sols ferrallitiques rouges dont certains ont conservé des reliques de prismes essentiellement basaltiques, témoignent de l'importance d'un volcanisme fissural, suivi par la mise en place de dômes de lave. Sur le plateau, l'activité magmatique pléistocène est représentée par une soixantaine de centres éruptifs dispersés dans un rayon de 25 km autour de la capitale régionale, Ngaoundéré. La densité des évents, alignés suivant une direction moyenne N135°, est maximale au S-E de la ville, dans le secteur agro-pastoral de Wakwa-Dibi. Il s'agit d'appareils d'origine phréato-magmatique, de cônes stromboliens ou de volcans mixtes montrant successivement les deux types de dynamisme. Certains cônes atteignent 350 m de hauteur. Comme pour le volcanisme plus ancien, la composition des laves est composite.
L'hydrovolcanisme est particulièrement bien représenté à l'Est et au Sud-Est de Ngaoundéré, où une dizaine de cratères contiennent des lacs. Ces structures n'ont pas été directement datées, mais la fraîcheur des structures (croissants, anneaux de pyroclastites et cratères bien conservés) suggère un âge pléistocène tardif, voire récent. Des enclaves ultrabasiques (péridotites et pyroxénites) sont fréquentes dans certains dépôts; elles sont actuellement l'objet d'une étude détaillée à l'IRD.

Contact auteurs : Robert TemdjimClaude RobinPierre BoivinMichel Monzier Liens utiles 
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