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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Les lacs volcaniques meurtriers du Nord-Cameroun

Une ligne volcanique de 2 000 km de long  |  D'autres lacs inquiétants

D'autres lacs inquiétants

Un inventaire des lacs du Cameroun a été effectué au début des années 1990. La province Sud-Ouest comprend 7 lacs de cratère, celle de l'Ouest, huit, dont le Monoun et celle du Nord-Ouest, huit également, dont le lac Nyos. A environ 400 km au Nord-Est, dans l'Adamaoua, 11 lacs ont été dénombrés, dont six sont des lacs de cratère. 13 d'entre eux peuvent se révéler dangereux. Dans l'Adamaoua, trois attirent particulièrement l'attention :

Ces appareils ont des caractères morphologiques semblables, avec un cratère dont le diamètre est de l'ordre du km, occupé par un lac qui n'est pas ou très faiblement comblé. Le rapport entre le diamètre et la profondeur des lacs est analogue à ceux observés à Monoun et Nyos. L'absence de convection dans ces lacs interdit le renouvellement des eaux profondes, et donc leur oxygénation, ce qui entraîne l'accumulation des gaz toxiques en profondeur, à l'instar du CO2 dissous, très meurtrier en cas de libération brutale. Ces caractéristiques sont d'autant plus inquiétantes que la zone est très riche en sources gazeuses thermo-minérales.
Autour de la ville de Ngaoundéré, les sols développés sur les volcanites sont très fertiles, favorisant les activités pastorales et agricoles. L'Adamaoua possède le plus grand cheptel du Cameroun, et le couloir volcanique entre Wakwa et Dibi est la zone maraîchère la plus importante du Cameroun septentrional. Ces terres sont donc occupées par plusieurs ethnies et supportent de fortes densités de population (parfois plus de 300 habitants/km2).
Situés à proximité d'une grande métropole urbaine, les lacs volcaniques de l'Adamaoua devraient donc sans tarder faire l'objet d'un bilan et d'études plus approfondies. En effet, les catastrophes volcaniques de Monoun et Nyos ont induit une psychose dans les communautés installées dans les environs volcaniques lacustres de la région de Ngaoundéré et pour les habitants de cette ville. Il est vrai que 20% de CO2 dans l'air serait une concentration suffisante pour être fatale et qu'un volume de gaz supérieur à 0,6 km3 pourrait asphyxier des populations établies dans un rayon de 23 km autour d'un lac.

Contact auteurs : Robert TemdjimClaude RobinPierre BoivinMichel Monzier Liens utiles