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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Les grands cônes volcaniques du Chili

Llaima et Villarrica, deux volcans très actifs  |  Quinze à vingt kilomètres cube
de cendres
  |  Microscopie électronique à balayage et autres méthodes fines d'analyse

Llaima et Villarrica, deux volcans très actifs

Depuis la fin de l’année 2001, l’IRD a entrepris l’étude des deux volcans les plus actifs et certainement les plus dangereux de la zone volcanique sud, les volcans Llaima et Villarrica.
Ces deux volcans entrent régulièrement en éruption. Plus de 40 éruptions ont été répertoriées au Llaima depuis 1640. L’activité du Villarrica est comparable. Une soixantaine d’éruptions au moins ont été signalées depuis le milieu du XVIe siècle. Les sommets de ces édifices étant recouverts par une épaisse couche de névés et par des glaciers, les éruptions s’accompagnent souvent de coulées de boue aux conséquences parfois catastrophiques. L’étude précise de leurs cycles éruptifs et de la distribution des produits dans l’espace est donc nécessaire. L’Observatoire Volcanologique des Andes du Sud est en charge de leur surveillance et les chercheurs du Département de Volcanologie du Service Géologique du Chili (SERNAGEOMIN) ont récemment établi des cartes de menaces.

Deux volcans d'exception

Le choix de l’IRD d’étudier ces deux volcans repose sur des caractéristiques spécifiques qui font de ces volcans un type différent et complémentaire de ceux étudiés en Équateur et au Vanuatu. En effet, les volcans continentaux liés à une subduction qui émettent des magmas basiques sont relativement rares. Or, si le risque volcanique est étroitement lié au caractère explosif des volcans à magmas différenciés, riches en volatils dissous — donc, en priorité aux volcans dacitiques à dômes (cas du Pichincha en Équateur par exemple) —, certains volcans basiques montrent au cours de leur développement une activité explosive récurrente et de volumineux dépôts pyroclastiques liés à des structures caldériques. Les volcans Llaima et Villarrica font partie de ces exceptions. Dans le but de mieux connaître et d’évaluer les menaces relatives à de telles éruptions l’équipe de l’IRD recherche les causes de leur déclenchement et les modalités de leur déroulement. Cela revient à déterminer le rôle de ces éruptions dans les cycles d’activité et, par exemple, les facteurs qui font qu’un volcan passe d’une dynamique tranquille, effusive à une phase explosive, alors que la composition du magma demeure basique.

Deux phases explosives à l’étude

Pour comprendre ces volcans, l’IRD envisage d’étudier deux phases explosives majeures : l'ignimbrite de Lican d'un volume supérieur à 10 km3 — et à l'origine d'une caldéra sommitale de 6 x 3 km — et l'ignimbrite de Pucon (5 km3 de coulées de cendres et scories), liée à une seconde caldéra. Ces deux unités ont des caractères d'ensemble comparables à ceux de formations observées au Nicaragua (Masaya) ou à Ambrym (Vanuatu), aussi une hypothèse de travail est que des apports d’eau ou d’autres volatils jouent un rôle important dans le déclenchement des éruptions. Encore récemment, le Villarrica a connu des éruptions hydromagmatiques violentes, et ses flancs sont nappés sur des mètres d'épaisseur. Ce type d'éruptions présente un risque important et permanent.

Contact auteur : Claude RobinLiens utiles