IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

Retour à l'accueil

Les colosses d'Équateur

L'activité du volcan Cayambe  |  La double crise volcanique du Pichincha et du Tungurahua  |  La ville de Quito et le Guagua Pichincha  |  Scénario et conduite à tenir  |  La ville de Baños et le Tungurahua  |  La crise actuelle et les scénarios possibles  |  Une gestion difficile de la crise  |  Le suivi quotidien du Cotopaxi  |  Le Chimborazo, point culminant d'Équateur  |  Des avancées scientifiques significatives

La ville de Baños et le Tungurahua

La période de retour éruptif du Tungurahua est de 80-100 ans, soit la durée qui nous sépare de la dernière éruption (1916-1918). Il ne fait aucun doute que ce qui s'est produit au cours des 3 dernières périodes d'activité (1773-81, 1886, 1916-18) doit, à l'avenir, se reproduire. Alors qu'il était absolument calme depuis 1925, le volcan est à nouveau en éruption depuis août 1999.
Au Tungurahua, les éruptions antérieures ont souvent débuté par une activité fortement explosive, donnant lieu à d'importantes retombées de cendres et ponces et à des nuées ardentes, suivie par une période d'activité modérée pendant laquelle des coulées de laves sont émises. Au total, une éruption s'étale sur quelques mois, deux à trois ans au maximum. Une violente éruption a eu lieu en avril 1773, précédée de signes annonciateurs au cours des mois précédents. Le 23 avril une éruption plinienne a débuté, accompagnée par des nuées ardentes et de nombreuses coulées boueuses. L'éruption s'est terminée par la production de coulées de laves. Au cours de cette éruption, la ville de Baños fut détruite et la bourgade fut ensuite reconstruite sur son site actuel, épargné malgré sa proximité avec l'ancien site.
La plus forte éruption historique, tout à fait comparable à celle de 1773, s'est produite en 1886. Quelques événements précurseurs eurent lieu en octobre 1985. En janvier 1986 une très haute colonne de cendres et de fragments de ponces provoqua l'obscurité pendant 3 jours. Des nuées ardentes formées par l'écroulement de la partie dense de cette colonne dévalèrent les flancs et des coulées boueuses se produisirent dans les principales vallées autour du volcan. Un barrage naturel se forma dans la vallée de la rivière Pastaza, responsable de la formation d'un lac de 7 km de long. À Ambato, 30 km à l'ouest, la cendre est tombée pendant 18 heures d'affilée et les pentes du Chimborazo, un autre volcan à 40 km de distance, furent recouverts d'une couche de cendres d'une vingtaine de centimètres d'épaisseur. L'éruption se termina par l'émission d'un magma dégazé et plus basique que celui des nuées ardentes, sous forme de coulées de lave.
La dernière éruption de 1916-1918 a elle aussi été précédée d'événements précurseurs en octobre et novembre 1915, sous forme d'explosions phréatiques. Cette activité intermittente a persisté jusqu'au 3 mars, date du début de l'éruption. Des coulées pyroclastiques ont été émises du 5 au 7 mars puis trois jours plus tard, le 10. L'année 1917 est marquée par une accalmie relative. Toutefois, de grandes quantités de cendres ont été émises. En 1918, de janvier à novembre, le volcan a connu 7 périodes de coulées pyroclastiques accompagnées de coulées de boue et de chutes de cendres et lapillis.

Contact auteur : Claude RobinLiens utiles 
Volcans [image]