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Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

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Les colosses d'Équateur

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Des avancées scientifiques significatives

Depuis juin 2001, l'IRD et ses partenaires équatoriens étudient les taux de récurrence des effondrements dans les volcans équatoriens ainsi que les caractéristiques de leur écoulement en fonction de la topographie. En raison du relief accentué, de nombreuses avalanches de débris des Andes ont été stoppées à faible distance et sont restées confinées aux vallées entourant les volcans. Ces recherches portent sur les critères expliquant les différents degrés de fragmentation (friction contre les parois), les processus et les taux d'incorporation du soubassement en fonction de la nature de celui-ci (certaines grandes avalanches entraînant avec elles un bon volume des roches du soubassement), la quantité d'eau introduite — qui facilite la rupture puis l'écoulement — et de comparer ces résultats à ceux obtenus sur des écoulements largement ouverts.
Plusieurs campagnes de terrain ont été effectuées en 2001 et 2002 sur quatre volcans (Tungurahua et Chimborazo surtout, mais aussi sur Altar et Mojanda). Ces observations ont permis d'établir une base de données concernant les dimensions, le volume et la géométrie des différents objets : dimensions et formes de la caldéra d'avalanche. La structure d'effondrement se présente comme une section oblique au cône, à fond plat, en forme de fer à cheval, limitée par des murs quasi-verticaux. Des dimensions de 4 à 5 km de largeur sont très fréquentes, la longueur étant surtout fonction de l'angle du plancher par rapport à l'horizontale. Souvent la construction d'un nouvel édifice occulte complètement la trace de cet effondrement.
Les observations ont eu également pour but d'identifier l'âge des effondrements et, si possible, leur relation éventuelle avec un événement magmatique.
La nature et l'étendue des dépôts de l'avalanche du volcan Altar, non reconnus auparavant ont été précisés au cours d'une mission en juillet 2002, ainsi que les relations entre ces dépôts et ceux des autres volcans (Chimborazo, Tungurahua) ayant alimenté la vallée du Rio Chambo. Depuis la fin de la dernière glaciation (~ 13 000 ans BP), plusieurs barrages se sont formés, probablement suivis de ruptures catastrophiques ayant laissé des dépôts. Les études au laboratoire permettent d'acquérir un ensemble de données complémentaires sur échantillons sélectionnés à partir des faciès de terrain. En particulier, des analyses granulométriques et pétrologiques précisent la nature, l'abondance et les dimensions des constituants, jusqu'à une échelle micrométrique, des dépôts d'avalanche du Tungurahua et du Chimborazo.

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