IRD - Suds en ligne : les dossiers thématiques de l'IRD

Les risques volcaniques

Fascination ou crainte, les volcans suscitent des sentiments passionnés et contradictoires. Une centaine d'entre eux, véritables bombes à retardement, font l'objet d'une surveillance rapprochée.

Retour à l'accueil

Une grande variété de volcans

Un phénomène planétaire  |  Les différents types de volcans

Les différents types de volcans

Des plus sages aux plus turbulents, les volcans présentent toute une panoplie éruptive qui complique sérieusement la tâche des volcanologues. D'où la nécessité de bien les connaître avant d'envisager une quelconque prévision...
Au cours de leur ascension vers la surface, les magmas vont de refroidir et évoluer en composition. Ils sont aussi le plus souvent stockés dans des réservoirs à différents niveaux de la lithosphère, généralement, ces réservoirs se situent dans la croûte continentale. A l'aplomb d'un volcan, le plus haut d'entre eux (la chambre magmatique située à faible profondeur sous l'édifice) est le lieu de genèse des produits de construction de l'édifice volcanique. Là, le refroidissement s'accentuant, le magma cristallise. Les différences de composition des laves émises en surface s'expliquent par la séparation, dans les réservoirs, d'une partie des cristaux les plus gros. Ces derniers, plus denses que le bain magmatique, vont se concentrer à la base des chambres et ne seront pas entraînées vers la surface. Lors d'une éruption, seules les parties supérieures sont vidangées. Ce processus peut commencer dans les zones profondes de la croûte. Ainsi, il se produit alors un fractionnement chimique progressif des liquides qui montent vers la surface. C'est la différenciation par cristallisation fractionnée, cause de la diversité des roches et, en majeure partie, des différents dynamismes éruptifs.
Les magmas émis au niveau des rides sont peu différenciés. Principalement basaltiques, ils donnent naissance à des laves qui s'épanchent sur les fonds océaniques. En revanche, la diversité des coulées émises en surface, les volcanismes des points chauds et de marges actives comprennent toute une variété de dynamismes éruptifs. Ces derniers sont en effet fonction de la composition et de la viscosité du magma arrivant en surface, d'autant plus forte que la teneur en gaz dissous est importante. Ainsi, un magma dégazé de composition basaltique donnera naissance à des coulées de lave fluide, alors qu'un magma riche en silice et en gaz engendrera plutôt des dynamismes explosifs et violents : émission de coulées pyroclastiques de blocs et de cendres (nuées ardentes). Parfois, un même dynamisme peut engendrer des volcans aux formes différentes. Par exemple, les coulées fluides de basalte, fréquentes dans les volcans hawaiiens, s'épanchent beaucoup plus vite que les coulées d'andésite, plus visqueuses. Les premières favorisent la construction d'appareils largement étalés, surbaissés, et les secondes, la construction de cônes aux pentes abruptes.
La viscosité des roches et la teneur en gaz, ces deux paramètres étant liés, sont donc les principaux facteurs régissant la puissance d'une éruption. Mais d'autres paramètres interviennent également. Une importante quantité d'eau introduite dans le système magmatique peut changer radicalement la dynamique d'une éruption et la nature de ses manifestations. Ainsi, la rencontre d'une colonne de magma avec une nappe phréatique aboutit communément à un comportement explosif capable de creuses un cratère. Si ce phénomène intervient en cours d'éruption, le caractère de celle-ci peut largement évoluer et devenir particulièrement violent. Quant aux facteurs de déclenchement des éruptions, ils sont multiples : ce peut être la simple pression des gaz au sein du magma, un séisme rompant l'équilibre précaire existant dans la chambre magmatique, un glissement de terrain provoquant la décompression brutale des gaz contenus dans un magma proche de la surface...

Contact auteur : Michel LardyLiens utiles 
Globules rouges infectés par Plasmodium falciparum.